Chronique

Chronique de VANF – Noël festif sans réveillon studieux

Je me souviens encore de notre dernier «Sapin de Noël» : au pied et à droite du bel escalier de la maison familiale, en face d’une cheminée qui n’était pas allumée pour cause d’été austral. Tous les éléments du paradoxe étaient plantés : un conifère à feuilles persistantes, arbre caractéristique d’un climat plutôt arctique que tropical ; ses boules pailletées effet neige ; une cheminée inutile parce que la température d’un 25 décembre malgache est proche de la canicule. Mais, après tout, on peut se laisser berner à 7 ans et continuer de faire semblant jusqu’à 77 ans.

Au moins, la tradition de «poser la bûche au feu» aurait eu un sens littéral si la cheminée avait été allumée et si, au lieu d’un gâteau, un gros bloc des sapins que nous avions encore dans la cour, avait été offert aux flammes.

La tradition d’un arbre entier dressé sur la place du village et autour duquel la population dansait, est attestée assez tôt en pays germaniques. Mais, ce serait Martin Luther (1483-1546), le moine de la Réforme, qui aurait eu l’idée d’illuminer le sapin de Noël. On attribue au prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha (1819-1861), époux de la Reine Victoria d’Angleterre, d’avoir amené en Angleterre cette tradition des pays germaniques, mais il avait innové en faisant décorer le sapin dressé au château de Windsor, en décembre 1848.

Quant au Père Noël, il est le résultat du syncrétisme de plusieurs traditions : la légende de l’évêque Saint-Nicolas protecteur des enfants, le mythe du dieu germanique Odin capable de voler dans les airs, l’imagination des dessinateurs et écrivains américains qui transforment Santa Claus en vieux lutin habillé de rouge dès le début du XIXème siècle… C’est en 1838 que le dessinateur Robert Walter Weir (1803-1889) fixe l’image d’un Saint Nicolas barbu en costume rouge et blanc. À partir de 1931, la campagne publicitaire de Coca-Cola, illustrée par les dessins de l’Américain d’origine scandinave Haddon Sundblom (1899-1976), fera de Santa Claus un personnage universel, qui deviendra le «Père Noël».

Avec Santa Claus, son lourd manteau d’hiver, ses huit rennes qui ne sont pas précisément des dromadaires, nous voilà désormais loin de la Galilée, de la Palestine, et de son climat méditerranéen ascendant désertique. Peut-on raconter Noël avec les détails de l’apôtre Paul (mort vers 68 à Rome) et de l’empereur Constantin (empereur romain de 306 à 337), deux figures qui ont transporté le Christianisme loin de ses fondements dans le Judaïsme de Palestine ? C’est au siècle de Constantin que la date de Noël fut fixée au 25 décembre. Calendes de janvier, Saturnales des Romains : de nombreuses fêtes païennes seront récupérées et confondues avec celle de la Nativité.
Allons, bon : les gens se contentent de faire la fête : Noël festif sans Réveillon studieux.

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