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Élections – Hery Rakotomanana defend sa paroisse

Hery Rakotomanana a mis les candidats face à leurs responsabilités dans le suivi du déroulement du scrutin. 

Le président de la Commission électorale défend cet organe. Il dénonce des manœuvres de torpillage du processus électoral.

Réplique. Comme lors du premier tour, maître Hery Rako­tomanana, président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), a profité de la publication officielle des résultats provisoires du deuxième tour de l’élection présidentielle pour répondre aux détracteurs de l’entité électorale.
« La gestion du processus électoral est une lourde responsabilité, un sacerdoce. Quand ça marche, c’est naturel, quand ça ne va pas, c’est à cause de la CENI », déclare d’entrée le président de la Commission dans son allocution à l’ouverture de la cérémonie d’hier, à Alarobia. Au premier comme au second round de la joute pour la conquête de la magistrature suprême, la CENI a cristallisé les reproches et les attaques des camps des présidentiables.
Durant le premier tour, ce sont les camps des candidats Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana qui ont vilipendé quotidiennement la CENI. Certains responsables ont même fait l’objet d’attaques personnelles et ont été ciblés par des menaces. Durant ce second tour, c’est surtout l’écu­rie du candidat numéro 25 qui a fustigé la CENI.

Torpillage
Tsehenoarisoa Rabenja, directeur de campagne du candidat Marc Ravalo­manana, a affirmé, hier, « nous n’avons pas confiance en les résultats publiés par la CENI. Cette Commission est partiale et n’est pas indépendante ». Des propos lancés durant un point de presse, à Bel’Air, pour expliquer la raison de leur absence à la cérémonie d’Alarobia.
Le camp Rajoelina a boudé la publication des résultats du premier tour pour marquer son insatisfaction quant à la manière dont la CENI aurait traité les résultats. Pour les mêmes raisons, vraisemblablement, l’écurie Rava­lomanana était absente, hier. « Nous ne sommes pas là pour servir des intérêts particuliers, mais l’intérêt du peuple malgache », riposte maître Rakoto­manana, tout en demandant que cessent « les campagnes de dénigrement », à l’encontre de la Commission.
« Jusqu’ici, nous avons déplacé ciel et terre pour que vos souhaits respectifs soient réalisés », ajoute le président de la CENI, tout en demandant aux deux finalistes de la présidentielle de faire un geste consensuel et de bonne foi pour éviter une nouvelle crise au pays. Dans son allocution, Hery Rakotomanana souligne, en effet, que la CENI a toujours accepté les desiderata des candidats.
« Un candidat avait demandé l’audit du logiciel, cela a été effectué. L’autre candidat a demandé une confrontation. La CENI a accepté, même si ce candidat n’avait pas de procès-verbal (PV) en main, comme le préconise la loi », affirme le numéro un de l’organe électoral. Il dénonce, par ailleurs, « toute manœuvre de torpiller le processus électoral à partir de ces faveurs que nous avons concédés, pour le respect de la vérité ». À plusieurs reprises, Thierry Rakotonarivo, vice-président de la CENI, a déploré, « nous sommes victimes de notre transparence ».
Il regrette que plus la Commission cède aux exigences des candidats, plus ils sont cloués au pilori. Dans son discours d’hier, maître Rakotomanana a déclaré, « il existe une juridiction compétente, à laquelle toutes les entités qui se sentent lésées peuvent s’adresser pour rétablir la situation. Faisons confiance à cette institution et avançons pour une alternance douce du pouvoir ».
Visiblement harassé par les critiques et les attaques, Hery Rakotomanana, a profité de sa dernière allocution officielle de joute présidentielle pour vider son sac. Il souligne que la CENI n’est pas présente au niveau des bureaux de vote. Que la responsabilité de suivre le déroulement du vote incombe, notamment, aux représentants des candidats.
« Notre attribution, c’est de collecter et de comptabiliser les PV et autres documents après le dépouillement. Alors si quelque chose ne va pas à ce niveau, prenez vos responsabilités et assumez, mais surtout, il ne faut pas tout renvoyer à la CENI », réplique maître Rakotomanana.
Pour le président de la Commission électorale, « le problème de ce pays, ce n’est pas la CENI, mais la haine et l’inimitié qui règne dans nos cœurs. Le problème, ce sont les intérêts particuliers que nous voulons préserver au détriment des intérêts des vingt-quatre millions de Malgaches. Le problème, c’est notre déviation vis-à-vis de nos valeurs ancestrales et de la vérité ».

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  • On ne peut pas jeter toutes les fautes sur la CENI, sa crédibilité et son indépendance était un atout majeur pour mener à bien cette élection, mais l’insatisfaction du K25 a fait défaut.