L’ancien ministre chargé des Télécommunications a été jugé coupable d’incitation à attroupement sans autorisation. Il a été relaxé au bénéfice du doute pour les autres chefs d’inculpation. Epée de Damoclès. Tout autre « délit » avéré dans les cinq prochaines années amènerait immédiatement Augustin Andriamananoro, ancien ministre des Postes et des télécommunications, en prison pour trois mois. Le juge du tribunal de première instance d’Antananarivo l’a condamné à trois mois de prison avec sursis, hier, pour avoir incité la foule à des attroupements publics sans autorisation le 22 novembre dernier à Soamahamanina. Relaxé au bénéfice du doute pour les trois autres chefs d’inculpation, dont l’atteinte à la sûreté de l’État, Augustin Andriamananoro a donc été immédiatement libéré, hier. C’est vers 11h qu’il a quitté Antanimora. « Je remercie tous ceux qui m’ont soutenu et qui ont prié pour moi », a-t-il souligné dans une déclaration, certes laconique, mais avec un air visiblement heureux et soulagé de quitter la prison. Si le jugement apparaît, toutefois, comme plus ou moins clément en ne prononçant aucune peine de prison ferme, les avocats de l’ancien membre du gouvernement de transition, proche d’Andry Rajoelina, se disent insatisfaits du verdict et annoncent déjà vouloir interjeter appel. « C’est une décision politique qui est loin de nous satisfaire d’autant qu’aucune charge n’a été prouvée », a déclaré Haja Rakotoson à la presse à Antanimora. « Nous allons faire appel », a-t-il ajouté. Pour la défense, le verdict n’est ni plus ni moins qu’un moyen d’intimider l’ancien ministre et de l’obliger à se tenir à carreau pour les cinq prochaines années. Avertissement Toute autre condamnation à une peine de prison ou à une autre peine plus grave durant ce délai amènerait immédiatement celui-ci à exécuter d’abord les trois mois prononcés, hier. Du côté des partisans d’Augustin Andriamananoro, venus nombreux, hier à Anosy, le verdict a été accueilli avec un certain soulagement, même si nombre d’entre eux y voient également une forme d’intimidation politique. « C’est une manière pour les autorités de lancer une sorte d’avertissement à ceux qui seraient tentés de leur tenir tête », pouvait-on entendre dans la cour du Palais de justice. Arrêté le 10 décembre en plein enterrement de sa belle-mère, Augustin Andriamananoro a passé les fêtes de Noël en prison. Il aurait même pu passer les fêtes de fin d’année à Antanimora pour cause de vacances judiciaires du 15 décembre au 15 janvier. Mais arguant du flagrant délit, la Justice a décidé de tenir son procès le 20 décembre. Comme lors de l’audience pour le procès, la salle était comble, hier à Anosy. Les partisans de l’ancien ministre sont venus en nombre pour entendre le verdict. Les éléments des forces de l’ordre ont également été assez nombreux sur place pour prévenir tout débordement. « Le combat continue » Les militants de Soamahamanina qui avaient contesté l’exploitation par la société Jiuxing Mines des mines d’or de Somahamanina ont profité de la présence de la presse à l’audience du verdict de l’affaire Andriamananoro pour annoncer leur détermination à poursuivre le combat qu’ils avaient déjà commencé. « Le combat continue jusqu’à ce que les Chinois quittent définitivement notre village, emmenant avec eux leurs matériels », ont-ils indiqué hier. La situation est pourtant plutôt calme actuellement dans cette bourgade de l’ouest d’Antananarivo. « Nous attendons de finir le repiquage qui nécessite notre présence permanente dans les rizières avant de poursuivre les actions sur terrain », ont-ils expliqué. Juliano Randrianja
L’ancien ministre chargé des Télécommunications a été jugé coupable d’incitation à attroupement sans autorisation. Il a été relaxé au bénéfice du doute pour les autres chefs d’inculpation. Epée de Damoclès. Tout autre « délit » avéré dans les cinq prochaines années amènerait immédiatement Augustin Andriamananoro, ancien ministre des Postes et des télécommunications, en prison pour trois mois. Le juge du tribunal de première instance d’Antananarivo l’a condamné à trois mois de prison avec sursis, hier, pour avoir incité la foule à des attroupements publics sans autorisation le 22 novembre dernier à Soamahamanina. Relaxé au bénéfice du doute pour les trois autres chefs d’inculpation, dont l’atteinte à la sûreté de l’État, Augustin Andriamananoro a donc été immédiatement libéré, hier. C’est vers 11h qu’il a quitté Antanimora. « Je remercie tous ceux qui m’ont soutenu et qui ont prié pour moi », a-t-il souligné dans une déclaration, certes laconique, mais avec un air visiblement heureux et soulagé de quitter la prison. Si le jugement apparaît, toutefois, comme plus ou moins clément en ne prononçant aucune peine de prison ferme, les avocats de l’ancien membre du gouvernement de transition, proche d’Andry Rajoelina, se disent insatisfaits du verdict et annoncent déjà vouloir interjeter appel. « C’est une décision politique qui est loin de nous satisfaire d’autant qu’aucune charge n’a été prouvée », a déclaré Haja Rakotoson à la presse à Antanimora. « Nous allons faire appel », a-t-il ajouté. Pour la défense, le verdict n’est ni plus ni moins qu’un moyen d’intimider l’ancien ministre et de l’obliger à se tenir à carreau pour les cinq prochaines années. Avertissement Toute autre condamnation à une peine de prison ou à une autre peine plus grave durant ce délai amènerait immédiatement celui-ci à exécuter d’abord les trois mois prononcés, hier. Du côté des partisans d’Augustin Andriamananoro, venus nombreux, hier à Anosy, le verdict a été accueilli avec un certain soulagement, même si nombre d’entre eux y voient également une forme d’intimidation politique. « C’est une manière pour les autorités de lancer une sorte d’avertissement à ceux qui seraient tentés de leur tenir tête », pouvait-on entendre dans la cour du Palais de justice. Arrêté le 10 décembre en plein enterrement de sa belle-mère, Augustin Andriamananoro a passé les fêtes de Noël en prison. Il aurait même pu passer les fêtes de fin d’année à Antanimora pour cause de vacances judiciaires du 15 décembre au 15 janvier. Mais arguant du flagrant délit, la Justice a décidé de tenir son procès le 20 décembre. Comme lors de l’audience pour le procès, la salle était comble, hier à Anosy. Les partisans de l’ancien ministre sont venus en nombre pour entendre le verdict. Les éléments des forces de l’ordre ont également été assez nombreux sur place pour prévenir tout débordement. « Le combat continue » Les militants de Soamahamanina qui avaient contesté l’exploitation par la société Jiuxing Mines des mines d’or de Somahamanina ont profité de la présence de la presse à l’audience du verdict de l’affaire Andriamananoro pour annoncer leur détermination à poursuivre le combat qu’ils avaient déjà commencé. « Le combat continue jusqu’à ce que les Chinois quittent définitivement notre village, emmenant avec eux leurs matériels », ont-ils indiqué hier. La situation est pourtant plutôt calme actuellement dans cette bourgade de l’ouest d’Antananarivo. « Nous attendons de finir le repiquage qui nécessite notre présence permanente dans les rizières avant de poursuivre les actions sur terrain », ont-ils expliqué. Juliano Randrianja