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Société – De la Journée de l’Enfance aux Droits humains

«  L’Assemblée  Générale  des  Nations  Unies  a  demandé  aux  états  membres  de  publier  le  texte de  la  Déclaration  et  de  faire  en  sorte  qu’il  soit  distribué,  affiché,  lu  et  commenté  principalement dans  les  écoles  et  d’autres  établissements  d’enseignement  »  Koffi  Annan.

La lutte pour les droits fondamentaux de l’être humain est de longue haleine, car ils continuent à être violés sur tous les continents.

PENDANT près d’une semaine, le bleu d’Analamanga et celui de l’Unicef se sont chaque nuit donnés rendez-vous sur les hauts d’Antananarivo, habillant Manjakamiadana d’une couleur qui ne lui était pas familière. Comme d’autres pays de par le monde et leurs monuments célèbres, Madagascar marquait ainsi son engagement dans la défense et la promotion des droits de l’enfance. Une féérie pour les yeux et pour les cœurs, qui venait à son heure pour effacer la mémoire d’une autre nuit de novembre, durant laquelle le Palais était cette fois-là peint en rouge couleur de mort, comme l’appellation de lamba…mena donnée par les Malgaches aux linceuls.

Les droits de l’Homme sont en quelque sorte des valeurs normatives qui servent de mesure-étalon pour évaluer la réalité. C’est lorsqu’ils sont violés qu’ils prennent toute leur importance. Des normes contraignantes permettent de dénoncer ces violations non seulement au nom de la morale, mais au nom de la loi. Dans la seconde moitié du XXème siècle, la reconnaissance universelle des Droits Humains a contribué à faire progresser le processus de décolonisation et mettre fin aux régimes totalitaires. Après les tragédies de l’ex-Yougoslavie et du Rwanda, il était désormais possible de traduire devant les tribunaux internationaux les auteurs des pires crimes commis contre ces Droits.

Les Droits Humains se divisent en plusieurs catégories, à commencer par les garanties fondamentales concernant la protection de la vie, y compris l’interdiction de la torture et de la détention arbitraire, et le droit à un procès équitable. Ils reconnaissent aussi différentes libertés telles que la liberté d’opinion, d’assemblée, de religion, ainsi que de nombreux droits économiques, sociaux et culturels, parmi lesquels les droits au travail, à la nourriture, à la santé, à l’éducation. Sept grandes Conventions internationales ont été consacrées à ces multiples facettes dont l’inobservation d’une seule composante peut suffire à ébranler tout l’édifice. Ce sont :

– la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale (1965)

– le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux, et culturels (1966)

– le Pacte international relatif aux droits civils et politi­ques (1966)

– la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination contre les femmes (1979)

– la Convention contre la torture et autres peines et traitements cruels, inhumains, ou dégradants (1984)

– la Convention sur les droits de l’enfant (1989)

– la Convention internationale sur la protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leurs familles (1990)

La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme a donné naissance à plus de soixante documents spécifiques. Traduite en trois cents langues, elle n’est pas un document juridique contraignant, mais est considérée comme une loi coutumière dont les principes sont appuyés par la communauté internationale. Les principes qui y sont énoncés ont été insérés dans les Constitutions d’une centaine de pays. « L’Assemblée Générale des Nations Unies a demandé aux états membres de publier le texte de la Déclaration et de faire en sorte qu’il soit distribué, affiché, lu et commenté principalement dans les écoles et d’autres établissements d’enseignement » (Koffi Annan).

« La liberté, la démocratie, et les Droits de l’homme ne sont pas des principes américains ou des valeurs occidentales. Tous les peuples partagent ces idéaux » (Condoleeza Rice). En tête des membres du Comité de rédaction de la Déclaration universelle se trouvait déjà Eleanor Roosevelt, épouse du président des états-Unis. Depuis, la présence américaine est constante. Aux Nations Unies, les résolutions appelant certains Etats à se soucier des Droits Humains sont fortement inspirées par Washington. Cette influence était palpable quand la Commission des Droits de l’homme était devenue un Conseil à part entière. Il est une tradition pour les Etats-Unis de produire un rapport annuel en matière de Droits de l’homme dans le monde. Ce document est toujours attendu avec une centaine anxiété par certains gouvernants.

A Madagascar, ce qui frappe en premier lieu, c’est la multiplicité des organismes travaillant dans le domaine des Droits de l’homme et, par voie de conséquence, une certaine complexité des structures en place. L’Union Nationale Malgache des Droits de l’Homme par exemple rassemble une centaine d’associations réparties dans toute l’île, allant des chorales d’enfants aux associations de retraités et syndicats. Les membres des associations travaillent sous le régime du bénévolat et du volontariat. Leurs interventions sont parfois mal comprises, car assimilées par certains à des ingérences ou des pressions. Leur rôle est en fait d’inter­peller, et cela peut déranger bien des habitudes et intérêts…

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