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Art contemporain – Présence méritée de Madagascar à la Biennale de Venise

Pour visiter l’exposition internationale d’art de la Biennale de Venise, il faut plus qu’une journée. Au moins deux jours, estime Joël Andrianomearisoa, l’artiste ayant représenté Madagascar à cet événement d’envergure mondiale qui a débuté en mai et s’est terminé le 24 novembre. Mais il en faut davantage pour apprécier ce qu’ont proposé les quatre-vingt dix nations présentes à la manifestation et les quatre-vingts autres artistes de l’exposition internationale.

Les invités du pavillon Madagascar pour le week-end de clôture de la Biennale de Venise ont donc dû se contenter de quelques pavillons sélectionnés par les commissaires de l’exposition malgache, Rina Ralay-Ranaivo et Emmanuel Daydé, ainsi que l’artiste. Quelques pavillons européens, les habitués d’exposition internationale. Puis les pavillons africains, les incontournables, souligne Joël Andrianomearisoa. « Pour permettre de comprendre l’envergure de la Biennale avant de visiter le pavillon Madagascar», ajoute-t-il.

Après cinq heures et quelques kilomètres de marche entre les deux principaux sites, les Giardini et l’Arsenale, une douzaine de pavillons sur les quatre-vingt dix présents ont pu être visités par la délégation d’une soixantaine de personnalités du monde de l’art, du milieu des affaires, de la société civile et des amis du Pavillon Madagascar. De quoi leur mettre plein les yeux. Et de quoi leur permettre de se dire aussi que l’œuvre « I have forgotten the night » (« J’ai oublié la nuit ») avait bien sa place et que la participation de la Grande île à cet événement majeur de la scène culturelle mondiale n’était pas usurpée.

Le pavillon malgache faisait d’ailleurs partie des expositions dont la visite était recommandée par de nombreuses critiques depuis le début de l’événement. Pas seulement parce qu’il s’agissait d’une première. Mais aussi et surtout parce que l’œuvre qui a représenté Madagascar valait vraiment le détour. Et « donnait de la Grande île une image loin des clichés misérabilistes », martèle Romy Voos-Andrianarisoa, directrice des Relations publiques et du mécénat du Groupe Filatex, l’un des principaux mécènes du Pavillon Madagascar, mais aussi directeur général du Fonds de dotation Hasanaine Yavar.

Faite de drapés de papier en soie noir, l’œuvre de Joël Andrianomearisoa ne se dévoile pas facilement. L’histoire qu’elle raconte se cache entre les plis, et se révèle au fil des émotions qui submergent ses visiteurs, au fur et à mesure qu’ils passent entre les couloirs du labyrinthe suspendu. La musique, partie intégrante de la pièce, ne facilite pas la compréhension. Elle peut même parfois dérouter. Le rythme et les paroles semblent familiers mais ne livrent pas leur mystère. Il a fallu que l’artiste explique pour que les choses se clarifient : la chanson qui tourne en boucle est délibérément chantée à l’envers.

Le Malgache peut se demander ce qu’il y a de malgache dans ce travail censé parler de son pays. Mais l’étranger se laisse facilement happé par l’invitation au voyage et à la découverte que suscite l’œuvre. L’artiste lui-même, en la réalisant, avoue avoir décidé d’oublier Madagascar. « Mais pour mieux s’en souvenir », ajoute-t-il très vite.

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