Fort d’un talent d’acteur pour s’illustrer sur scène, un humoriste est un artiste dont le métier consiste à amuser son public. Cette discipline artistique se trace son chemin au pays. L’humour est un art d’exister » souligne l’historien français Robert Escarpit, il s’agit ainsi d’un moyen pour un individu de s’affirmer avec joie et allégresse dans une société contrainte à la routine quotidienne. Rire permet en effet de dédramatiser, de se sentir joyeux ou de détendre l’atmosphère. Un convive qui raconte une histoire drôle ou une anecdote amusante, sur un ton sarcastique, taquin, ironique ou dérisoire, un bon sens de l’humour est toujours synonyme de convivialité, mais surtout d’une jovialité contagieuse. Humoriste est donc un métier privilégié vu le bien-être qu’il procure au public, un métier qui bien que populaire, semble avoir de la peine à se faire une place d’honneur sur la scène artistique malgache. Si outre-mer, les Gad Elmaleh et autres Jamel Debbouze ont su redorer ce métier artistique, à Madagascar, peu ont su assouvir une notoriété dans ce milieu. Dans les années 80 et 90, les fameux Nanahary, mais également Etienne Ramboatiana dit Bouboul ou encore Dadavy ont insufflé un vent de fraîcheur sur la scène artistique par leur humour. S’ensuit la génération des Francis Turbo, Gothlieb et Fou Hehy qui ont perpétué cet art. Depuis, une jeune génération émerge pour reprendre le flambeau, mais elle a du mal à avoir la même notoriété que leurs illustres aînés. Cette jeune génération persévère et s’active pour valoriser cet art de la scène. Les jeunes humoristes malgaches actuels privilégient les réseaux sociaux pour leur visibilité. Car assurer une présence sur la scène culturelle semble difficile ces dernières années. « Le rire est fédérateur » À part la pandémie, on sous-estime le métier d’humoriste par rapport aux chanteurs e t musiciens. Un humoriste est souvent relégué au statut de simple animateur lors d’un événement. Ce ne sont pourtant pas les initiatives qui manquent pour valoriser la scène de l’humour dans la Grande île, particulièrement dans la capitale. C’est sur la scène du Cercle Germano-Malagasy/Goethe Zentrum (CGM/GZ) que la grande majorité des humoristes actuels se découvrent. Le festival « 18.mg », on se rappelle également du « One man show » d’Andry Barhone, mais également celui de Finengo Mahasaky et les rendez-vous ponctuels du « Sokaf’Hehy » organisé par Sandix qui s’y sont tenus. « À une époque, on a même prévu avec plusieurs humoristes d’organiser une petite tournée à travers le réseau des Alliances françaises. Malheureusement, tout est question de moyens, mais aussi de reconnaissance, on se doit ainsi de toujours faire preuve de patience » confie Andry Barhone. Finengo Mahasaky de rajouter « Nous avons tous le statut d’artiste en soi, mais être humoriste n’est pas encore tout aussi fascinant qu’être chanteur ou musicien chez nous, au moins c’est drôle ». Cependant, les initiatives de la part de la jeune génération se multiplient. Les jeunes talents comme Sombiniaina, Miranto Godar ou encore Raitra Belaw’yck privilégient le partage avec le public. Raitra Belaw’yck propose des ateliers d’humour avec Book News Madagascar. Il y a aussi des scènes plus conviviales comme celle qui aura lieu, ce jour, au Madagascar Underground Antsahavola, à partir de 15h. Une scène ouverte pour humoristes. De même, l’Ivotoeran’ny Kolontsaina Malagasy (IKM) organise ponctuellement ses « Men in blagues» pour les jeunes talents. On retrouve aussi ces collectifs d’humoristes à suivre, comme le « Gasy Stand Upers », ainsi que le collectif des humoristes de l’Université d’Antananarivo. Les humoristes nationaux préférent ainsi créés leurs propres opportunités sur la scène culturelle. [caption id="attachment_125071" align="aligncenter" width="816"]
Raytra Belaw’yck (en rouge au milieu) a eu la bonne idée d’organiser des ateliers autour de l’humour pour ensuite certifier les jeunes humoristes émergents.[/caption]