Editorial

Vincent, Francois, Paul et les autres

Non, ce n’est pas le célèbre film de Claude Sautet. C’est tout simplement notre histoire. Et Vincent, François et Paul ne sont pas des amis de longue date. Ils ne sont pas non plus chef d’entreprise, médecin et écrivain.

Paul est président africain, François est président des catholiques et Vincent est à la recherche d’un titre. Il est, pour le moment, le seul à ne pas avoir visité Madagascar. Il doit ainsi trouver une veste de grande marque et une couronne unique pour qu’on l’invite à servir de vitrine. Paul est venu, a vu et a convaincu. François viendra, verra et vaincra peut-être la pauvreté à travers la bonne parole.

Que peut-on attendre de la visite de ces illustres personnages ? Qu’est-ce qu’ils peuvent faire pour résoudre nos problèmes ? Que signifie leur visite?

Le pape Jean Paul Ii est venu en 1989 pour apporter espoir et bénédiction mais, trente ans après, la situation aussi bien de l’Église que du pays et de la population a empiré. Son successeur Benoit XVI n’a pas daigné emboîté le pas à Karol Jozef Wojtyla alors que François viendra après s’être fait tirer l’oreille pour nous donner un cardinal, dix ans après la mort du dernier.

Que retiendra-t-on de la visite du président rwandais Paul Kagame? Il n’a rien à apprendre de nous et il n’est pas du genre à donner de leçon aux autres. Si on voulait lui montrer les nouveaux équipements militaires, il aurait préféré voir des outils de production pour assurer le développement. La guerre il l’a vécue avec toutes ses atrocités.

Il dirige son pays selon son style et par rapport à ce que les Rwandais ont vécu. L’exemple du Rwanda inspire le monde mais on ne peut pas le transposer dans un autre pays. Le Rwanda, c’est d’abord Kagame et sa personnalité, son style, sa détermination, son engagement. On peut l’imiter mais on ne peut pas l’égaler. Il ne roule pas en Cadillac et n’est pas trop friand de la politique-spectacle.

Sa visite aurait-elle comme simple objectif de montrer aux yeux du monde la crédibilité du nouveau pouvoir ou de stimuler la popularité à s’engager au Tagnamaro, copie du travail populaire hebdomadaire ?

La vie changera-t-elle après la visite du pape François ? On en doute. C’est pourtant ce qu’espèrent les huit cent mille fidèles qui viendront le voir à la grande messe de Soamandrakizay. Tout le monde mise ardemment sur un valim-bavaka que les Dieux semblent refuser au pays en proie à toutes les misères du monde malgré les prières à toutes les occasions. Soit ils sont sourds, soit ils nous ont mis parmi les damnés de la terre. Est-ce à cause de ces dirigeants dont aucun n’a montré une réelle détermination au développement ou une malédiction qui colle à la peau et qui se sont servis de l’Eglise ,et qui continuent à le faire, pour faire une façade à la corruption, aux trafics, aux détournements à tous les pêchés qualificatifs pour l’enfer au jugement dernier.

Avec une messe de huit cent mille personnes, il est impossible que les Dieux n’entendent pas cette fois, les incantations de tout un peuple. Sinon ce serait de la mauvaise foi. Au sens sacré.

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