Accueil » Social » Santé publique – Les spécialistes en petit nombre
Social

Santé publique – Les spécialistes en petit nombre

Les spécialistes ont de nombreuses missions, pourtant, en sous effectif.

Neuf-cent-dix-neuf spécialistes sont inscrits dans le registre de l’Ordre des Médecins. Les médecins et les patients souffrent de cette rareté des spécialistes.

Un chirurgien termine son tour de garde, éreinté. « Je ne suis sorti du bloc opératoire que maintenant. J’ai travaillé jusque tard dans la soirée, aujourd’hui, alors que j’ai commencé mon tour de garde, la veille, en matinée », s’est plaint ce spécialiste qui travaille dans un grand hôpital de la capitale, il y a quelques jours. La rareté des spécialistes à Madagascar fait qu’ils sont très débordés. Madagascar n’a que neuf-cent-dix-neuf spécialistes, selon Eric Andrianasolo, président de l’Ordre des médecins. Soit trente quatre spécialistes pour cent mille habitants. En France, le ratio est de cent-quatre-vingt-cinq spécialistes pour cent mille habitants, en 2019.

Sept urologues, sept chirurgiens-pédiatres, huit oncologues médicaux et quatre oncologues radiothérapeutes, dans tout Madagascar, entre autres. Certaines spécialités, comme la gériatrie, n’existerait même pas à Madagascar.

Par conséquent, le temps d’attente est long. Pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste de la cardiologie, par exemple, il faut attendre deux semaines, voire plus. Chez un oncologue, le temps d’attente est d’une semaine. L’exécution des tâches peut, aussi, être très lente. Les interventions chirurgicales, si elles ne sont pas urgentes, ne sont programmées que plusieurs semaines après la consultation. Les personnes qui souffrent d’une maladie rénale, d’une maladie cardiaque, ou d’une maladie neurologique, dans les autres régions, par ailleurs, doivent rejoindre la capitale.

Fuite des cerveaux

Car la grande majorité de ces spécialistes est con – centrés dans la capitale. « Pour le cas de la fistule, c’est la première intervention qui conditionne la guérison d’une patiente. Si elle n’est pas réalisée en bonne et due forme, la chance de guérison est minime. Souvent, ce sont des complications d’une maladie, ou des malades déjà opérés par nos homologues non spécialistes qui arrivent chez nous », lance le professeur Yoël Rantomalala, urologue.

La fuite des cerveaux est la principale cause de cette pénurie de spécialistes à Madagascar. Les médecins sont déjà insuffisants. Et les offres alléchantes à l’étranger, séduisent les médecins qui y suivent des formations. Pendant la pandémie de Covid-19, de nombreux médecins malgaches en cours de spécialisation en France, ont été recrutés. « Nous étions dix à faire une spécialisation dans ma promotion. Seuls deux sont retournés au pays. Ils ont préféré rester car là-bas, les rémunérations sont motivantes. Contrairement à ce qui est à Madagascar », regrette notre source. Les médecins malgaches sont bons et intéressent les étrangers. « Il faut adapter les salaires des spécialistes avec leurs longues études et améliorer leurs conditions de travail », propose un anesthésiste-réanimateur, pour encourager le retour des cerveaux.

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter