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Editorial

Cancertation

Une concertation nationale, une de plus une de trop. Voilà l’issue proposée par l’opposition pour sortir de ce qu’elle qualifie d’impasse du pouvoir. Un procédé classique qui a fait ses preuves dans le passé et qu’on tente de remettre au goût du jour chaque fois qu’il y a une odeur de crise. L’objectif est d’obtenir une redistribution des cartes et faire partie d’un gouvernement de transition, d’union nationale, et peut-être de pouvoir contrôler le processus électoral.

Des concertations nationales on en a fait des dizaines ces trente dernières années sans qu’elles aient apporté une stabilité politique et le développement.

L’opposition n’a pour le moment aucune proposition pour sortir le pays du marasme dans lequel il est enlisé. C’est surtout une opposition de circonstance dont le programme est fondé sur les bévues du pouvoir. C’est ce dernier qui lui offre l’opportunité d’avoir à dire. On aurait aimé voir entendre les résolutions de la concertation au Magro. Les forces de l’ordre auraient dû laisser faire. Elle aurait certainement accouché d’une souris à l’image du discours à la nation très attendue de l’ancien président Ravalomanana qui a finalement débité du baratin.

Il ne faut pas se faire d’illusion. Malgré les maladresses et les bourdes à répétition de certaines personnes du pouvoir qui alimentent d’ailleurs le moulin à vent de l’opposition, il faut être naïf qu’un changement de président ou de régime réglera tous les problèmes actuels. Certes toutes les réalisations en infrastructures ne sont pas forcément prioritaires mais ce sont des investissements pour le long terme.

Il y aura peut-être moins de corruption, moins de trafic, moins de détournement de fonds et rien n’est moins sûr, mais il faudra un bon projet de développement pour sortir de l’impasse. Soulever des manquements à la bonne gouvernance , aux valeurs républicaines, à l’éthique et la déontologie c’est bien, proposer des solutions realistes et cohérentes c’est mieux.

Chaque régime a eu son lot de scandales financiers ou autres. On se complaît à se faire la morale en se trouvant alternativement au pouvoir ou dans le couloir. Et ainsi de suite. On gave les électeurs de bonnes intentions et de grands discours et à l’arrivée ils restent sur leur faim.

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