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Préservation de l’emploi – Le capital humain préoccupe le privé

Les  PME  rencontrent  des  difficultés  financières  pour  appliquer  les  mesures de  sécurité.

Les collaborateurs, en temps de pandémie, doivent constituer une priorité pour les entreprises. Difficile, pourtant, pour les PME d’investir gros dans le domaine.

Dilemme. Les entreprises, essentielles ou pas, sont au bord de l’agonie en ces périodes de pandémie. Raison pour laquelle le ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat vient de rectifier le tir, hier, sur la chaîne de télévision nationale en annonçant la possibilité de reprise de tous secteurs d’activité à condition de respecter les mesures de sécurité. D’importants moyens financiers son t nécessaires aux sociétés pour assurer la mise en place des dispositions sanitaires. Certaines arrivent à suivre et d’autres pataugent.

Une trésorerie blindée représente le premier critère à répondre pour les entreprises du secteur privé si elles désirent maintenir leurs activités en ces temps de crise. Les entreprises doivent aussi investir dans les moyens logistiques et infrastructures pour assurer correctement la sécurité de leurs activités et la santé des collaborateurs. Les PME deviennent alors les premières victimes de ces obligations. Elles arrivent tout juste à couvrir leurs budgets de fonctionnement. Les grandes enseignes, uniquement, arrivent à garder la cadence malgré les contraintes imposées par la situation de pandémie.

« Les règles sont strictes au niveau de la santé et de la sécurité. Il a fallu prendre des mesures drastiques pour pouvoir continuer notre activité en temps de crise. Nous évaluons à près de quarante-cinq millions d’ariary les coûts des mesures que nous avons prises depuis ces dernières semaines, depuis que le virus ait été déclaré officiellement présent au pays. La primeur réside avant tout dans la sécurité de nos collaborateurs. Les box de travail ont été réduits à un seul agent si en temps normal un box peut en accueillir deux » explique le manager d’un important centre de traitement de données de la capitale.

Inspection

Ce responsable de rajouter que « Rien que sur le transport, il faut prévoir, en moyenne deux à six fois plus de moyen logistique, décuplant ainsi les coûts pour que tous les collaborateurs arrivent à bon port. Avec un véhicule d’une quinzaine de place, huit collaborateurs au maximum sont autorisés à être à bord à cause de la distance de sécurité à respecter. Nous avons mis en place une hotline interne dédiée au transport des employés avec une cellule spéciale dédiée à ces transports que nous avons dénommé « vigie ramassage ». L’entreprise a ainsi investi près de quarante-cinq millions d’ariary sur les coûts des mesures de sécurité santé. Rares sont les PME qui arrivent à garder ce rythme et qui décident de fermer boutique malgré l’autorisation d’ouverture annoncée par les autorités.

Après l’annonce d’interdiction formelle d’ouverture de toute industrie et commerce n’ayant statut d’exception, le groupement des entreprises de Madagascar (GEM) a suggéré la mise en place de dérogation dans une tentative de maintien des emplois de leurs collaborateurs dont la majeure partie est considérée comme étant des activités non essentielles. « En accord avec les syndicats et les instances représentatives du personnel du secteur privé, l’entreprise choisira les horaires de travail qui correspondent le mieux aux spécificités de son secteur, par exemple les entreprises d’outsourcing ou les call centers et elle fait la demande de dérogation correspondante » détaille Thierry Marie Rajaona, président du GEM.

Afin que le respect de ces mesures de sécurité soit effectif, l’administration annonce l’intensification des mesures d’inspection du travail. « le renforcement des capacités d’intervention de l’inspection du travail dans la mise en œuvre des différentes mesures de santé et de sécurité de travail dans les entreprises peut s’interpréter de beaucoup de manières. Il peut s’agir de renforcement de compétences au niveau des inspecteurs dans le cadre de formation, en collaboration avec le bureau international du travail, comme il peut aussi s’agir de la multiplication des descentes d’inspection au sein des entreprises, en ces temps de crise où la sécurité du travailleur doit constituer une priorité pour les employeurs » explique Jerson Razafimanantsoa, directeur général du Travail et des Lois sociales.

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