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Editorial

Obscènes de ménages

Foyers de tension. Les conséquences financières et économiques du coronavirus commencent à se faire sentir dans la vie familiale. Par les mesures restrictives du confinement, des entreprises ont été contraintes de laisser sur le pavé du chômage technique ou définitif de nombreux salariés. Aussi, les revenus mensuels déjà maigrichons des ménages ont-ils été atteints par une anorexie chronique. Ce qui provoque une atmosphère pesante, polluée et irrespirable entre plusieurs couples. Jadis tourtereaux inséparables, aujourd’hui ennemis intimes.

Les fidèles à l’infidélité vis-à-vis de leurs conjoints sont, en outre, privés de leurs escapades amoureuses, auprès de leurs amants et maîtresses. Par la réduction du temps imparti pour se déplacer. Un manque « à combler » difficile à contenir pour les uns et pour les autres. Chacun épie les appels téléphoniques, les SMS et les comptes sur les réseaux sociaux de l’autre, pour le ou la confondre en flagrant délit.

Selon des statistiques récentes, le nombre des divorces dans la région Analamanga a connu une nette progression. Une simple dispute se transforme très vite en une grosse bagarre où tous les coups sont permis. Même les plus bas. Les violences conjugales, passées sous silence depuis des années, un tabou d’en parler, suivant le proverbe malagasy « ny tokantrano tsy ahahaka », sont aujourd’hui un délassement de choix pour le voisinage. Pour tromper l’ennui. Objets de commérages dans tout le quartier. Les éclats de voix et de verres se font entendre aux alentours.

Et l’intervention des chefs fokontany et des membres des comités de vigilance est souvent nécessaire pour séparer les belligérants. Avant que l’irréparable ne soit commis. En plus, la vie dans la promiscuité absolue, cinq à six personnes vivant sous le même toit, entassées dans une chambre étroite, est aussi un environnement propice et favorable aux germes de la nervosité ambiante. Proche de la démence dans certains « cas graves ».

Au milieu de ces altercations répétitives et récurrentes, des enfants se trouvent parfois entre deux feux. Et deviennent, sans le vouloir, les souffre-douleurs de leurs propres parents. Endurant des brimades de la dernière vilénie, des réprimandes physiques et même des abus sexuels. Rares sont ceux et celles qui osent décrire et dénoncer l’enfer dans lequel ils évoluent. En dépit des numéros verts à leur écoute, mis à leur disposition pour se faire entendre.

La peur des éventuelles représailles parentales l’emporte souvent sur les actes les plus courageux. Les coupables vivent des jours heureux. Impunis de leurs crimes abominables. Tapis sous l’ombre de l’indécence, attendant leurs prochaines proies.

Sans un retour à la vie normale, hypothétique pour l’instant, beaucoup iront chez monsieur le juge pour en finir avec leur conflit au quotidien.

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