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Editorial

Tueur d’élite

Corona a-t-il une préférence particulière pour les enseignants, les hommes d’église, les officiers et les médecins ? On peut comprendre pourquoi les pasteurs, les militaires et les médecins courent le plus grand risque et paient de leur vie leur engagement. On comprend moins pour les enseignants étant donné que les cours sont suspendus depuis plusieurs semaines. Dans tous les cas l’enseignement détient certainement le record en terme de décès dû au coronavirus avec quarante-deux victimes. C’est d’autant plus dramatique que la plupart des disparus sont d’éminents professeurs qui ne sont pas faciles à remplacer. Justement, ils continuent à enseigner malgré leur âge faute de relève. Et si la retraite n’a pas réussi à les stopper, la Covid-19 a été impitoyable à leur égard.

Le professeur Gabriel Rabearimanana est parti à 76 ans mais c’est une espèce rare voire unique. Ses collègues de travail sont de la même génération que lui.

Où va t-on dénicher quarante-deux professeurs pour combler le vide? Là on ne peut pas faire dans la facilité en recrutant des maîtres Fram. Et on ne peut pas espérer pouvoir trouver des solutions étant donné que le métier d’enseignant, avec son niveau de rémunération attire peu les jeunes. Et le peu qui a une vocation miraculeuse à moins d’être enseignant par hasard ou par nécessité, n’est même pas recruté par l’État. On a créé une école normale supérieure pour former des enseignants et on recrute des pseudo enseignants n’ayant aucune qualification. La conséquence est immédiate avec un niveau déplorable des élèves et des enseignants selon le constat de la Banque mondiale qui a financé l’opération de financement massif de maîtres Fram.

Le pire est que sur une demande de quatre cents postes budgétaires, l’Etat n’en a accordé que cent au ministère de l’Enseignement supérieur. On se demande qui va enseigner dans les universités prévues d’ouvrir dans toutes les régions.

Il faut quand même une certaine cohérence dans les objectifs et les actions entreprises.

Le fait est que désormais il faut craindre une baisse de niveau des étudiants. Mais pour certains cela ne constitue pas un problème. Par extension, si cette extermination des gens du savoir continue, il ne restera plus qu’une planète peuplée d’imbéciles.

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