A la une Politique

Loi de finances – Grosse attente sur le plan de relance

Le ministre  de l’Économie  et  des  finances  a  du  pain  sur la  planche.

L’Assemblée nationale commence la prise en main du texte budgétaire. D’aucuns s’attendent à ce que le projet de loi de finances rectificative donne le ton à la relance économique.

QUEL est le contenu de ce texte ? Une question que la plupart des acteurs politiques et économiques se posent depuis plusieurs jours. Il s’agit du projet de loi de finances rectificative (LFR).

En ces temps difficiles, tous trépignent d’impatience de connaître les prévisions de ce texte budgétaire. Surtout, ce qu’il prévoit pour la relance économique.

À l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, il est inscrit que les travaux de commission sur le projet de LFR ont débuté, hier. Dans les faits, il s’agissait d’une réunion préliminaire entre les élus membres de la commission finance et de la commission évaluation de la politique publique. Sauf changement, la Chambre basse devrait plonger dans les pages du texte, à partir d’aujourd’hui.

Jusqu’à hier, aucun membre de l’institution de Tsimba­zaza n’a été en mesure de donner des informations concrètes sur le sujet. Du côté de l’Exécutif, le rapport du conseil des ministres d’hier, indique qu’il poursuit « l’étude méticuleuse », du projet de LFR. Le communiqué du conseil des ministres, du 20 mai, rapporte néanmoins, quelques chiffres. Il parle de plus de 1 858 milliards ariary de manque à gagner dans les recettes fiscales.

Une augmentation des dépenses générales de l’État à hauteur de 646 milliards ariary serait, également prévu. Une somme de 200 milliards ariary, pour couvrir les plans sociaux inhérent à l’état d’urgence sanitaire. Le communiqué du conseil des ministres annonce, par ailleurs, plus de 2034 milliards ariary d’aide allouée à l’État.

Plan de mitigation

Le communiqué du conseil des ministres du 20 mai, énonce, par ailleurs, que les dépenses prévues dans le projet de LFR portera essentiellement, sur l’édu­cation, la santé, l’eau et l’hygiène, l’habitat, l’éner­gie et la réhabilitation des routes. Le point qui focalise toutes les attentes est, toutefois, celui qui se rapporte au relèvement socio-économique.

Les appels au secours face aux conséquences économiques et sociales de la crise sanitaire se multiplient. Plusieurs s’attendent à ce que le plan de mitigation, visant à soutenir le secteur privé et à préserver l’emploi, soit intégré au projet de LFR. Dans une interview publiée, hier, Thierry Rajaona, président du Groupement des entreprises de Mada­gascar (GEM), indique que le plan de mitigation a été discuté depuis début avril.

« Force et des constater que fin mai, (…) rien n’est encore annoncé », regrette, pourtant, le chef de file du GEM. Il ajoute que le plan ne satisferait pas entièrement les attentes du secteur privé. Qu’il « se limite uniquement à des mesures à court terme et n’envisage pas les mesures à moyen et long terme ». Thierry Rajaona plaide, par ailleurs, qu’« il est temps de sauver le secteur productif dont dépend l’économie nationale ».

Ce sauvetage implique « une prise en charge exceptionnelle », des employés qui -crise sanitaire oblige- se retrouvent au chômage, du jour au lendemain. « Il appartient à l’État de mobiliser des fonds pour secourir les salariés, qui sont les piliers des entreprises et de la consommation », argue-t-il, en suggérant la mise à contribution des réserves de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNAPS), durant une période déterminée, vu que les salariés y sont des cotisants.

Du côté du Parlement, des voix s’élèvent pour requérir de l’État qu’il prévoit des alternatives pour les secteurs à l’arrêt, comme le tourisme et l’exportation de denrées comme la vanille. Des députés « exigent », du reste, que les fonds injectés dans la lutte contre le coronavirus soit traçables dans le projet de LFR. D’autres, pourtant, rappellent sans cesse que « chez eux », beaucoup attendent la concrétisation des promesses présidentielles.

Sur les informations qui circulent autour du projet de LFR, une chose est sûre, les moyens entre les mains de l’Etat sont limités. Avec peu de marge de manœuvre, il a, cependant, l’obligation de répondre présent. Les voix qui s’élèvent orientent la priorité à la relance économique, à l’emploi et au renforcement des appuis sociaux.