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Editorial

Footu

On joue avec le feu. C’est le moins que l’on puisse dire avec cette poursuite judiciaire contre le président par intérim de la FMF nommé par la FIFA le 7 avril. Cela commence à en faire trop et la FIFA qui a fait preuve de beaucoup de tolérance à l’égard de Madagascar, risque d’en être gonflée à la longue.

Que le président par intérim de la FMF soit poursuivi pour détournement de deniers publics quand il était DRH du ministère de l’Éducation nationale, c’est le devoir de la Justice. Ce qui est étonnant c’est qu’on l’a laissé tranquille pendant longtemps alors qu’il travaillait dans un département miné par les détournements pendant une certaine période. Le plus connu qui avait défrayé les chroniques était l’histoire d’achat de bonbons sucettes pour une somme astronomique. L’affaire n’a pas eu de suite. On ignore si le président par intérim de la FMF est trempé dans cette affaire et qu’il constitue le bouc émissaire par excellence.

Quoiqu’on dise, cela ne pourrait pas être fortuit ni une coïncidence divine, qu’il se retrouve à la barre du Pole anti corruption quelques semaines après avoir été nommé président par intérim de la FMF par la FIFA. Il se chuchote même qu’il s’agit d’une relance de l’affaire pour laquelle il avait déjà été convoqué au PAC après avoir été désigné, conformément au statut de la FMF, président par intérim en mars 2020. Si ce n’est pas une intimidation, cela y ressemble.

Cette nouvelle affaire n’est pas de nature à apporter la sérénité nécessaire aux Barea qui vont jouer leur premier match des éliminatoires de la CAN 2023 contre le Ghana fin mai à Accra. On voit bien que la hache de guerre n’a pas été enterrée entre les deux factions en conflit au sein de la FMF malgré la décision publiée par la FIFA et l’appel à l’apaisement lancé aux membres de la FMF par l’ancien capitaine des Barea, Faneva Ima Andriatsima.

Les Barea sont mal partis avec cette querelle de clochers assortis de coup bas à n’en plus finir. Il est impossible de se préparer convenablement dans cette atmosphère délétère. Il reste un mois pendant lequel on aura à designer un entraîneur national, si ce n’est déjà fait, à sélectionner les joueurs, à faire un stage. Or le premier adversaire n’est pas le premier venu puisque le Ghana fait partie des cinq pays africains qualifiés pour le Mondial au Qatar en décembre. C’est une équipe des Barea mal affûtée avec un moral dans les chaussettes qui risque de se trouver sur le chemin des Black Stars. Pourtant le résultat de ce premier match pourrait décider de la suite des éliminatoires. Une raclée d’entrée de jeu pourrait saper la suite du tournoi pour les Barea. Comme l’opinion ne sera pas tendre en cas d’échec dès le premier match, tout risque de se compliquer dans les autres matches contre l’Angola et le Centrafrique.

On se tire une balle dans les jambes avant même le début des éliminatoires. On se complique la tâche avec des desseins qui n’ont rien à voir avec le sport. Tout est footu.

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