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Michèle Rakotoson – « Il ne faut plus que les auteurs soient laissés pour compte »

Retour sur les coulisses du concept « Livre en live » porté par l’auteur Michèle Rakotoson lors de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur et ses perspectives d’avenir avec le projet Opération Bokiko.

Dites-nous en plus sur le concept « Livre en live » qui fut très fédérateur.

Il s’agissait d’une petite série de lecture de textes et d’ouvrages via les réseaux sociaux qui s’est lancé à l’initiative de Novo-Comm Ogilvy lors de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur. Une initiative que je tenais particulièrement à saluer, car elle concorde parfaitement à nos objectifs également dans la découverte et redécouverte de ces nombreux auteurs auprès du public, en plus d’apporter plus de visibilité sur ces ouvrages. J’avais un peu hésité au début, mais ayant déjà dirigé le concours de nouvelles de RFI, nouvelles éditées et exposées à la radio en son temps, de même qu’une expérience de comédienne de théâtre radiophonique, j’ai été contente d’entamer ce projet même si nous avions eu trop peu de temps pour le réaliser.

Il s’agit là d’une belle contribution pour l’Opération Bokiko aussi n’est-ce pas ?

Évidemment au sein de l’Opération Bokiko, nous avions depuis longtemps ce projet en tête et là ce fut une opportunité inédite qui s’offrait à nous de pouvoir la mettre en oeuvre. C’était un véritable challenge, car lire un texte à la radio et à la télé demande une certaine forme de professionnalisme. Je me devais de savoir caler très exactement le texte ou les extraits dans le temps imparti, ne jamais surjouer et être en accord avec le cameraman pour qu’il ne perde pas de temps. Il me fallait ainsi être concis et précise, pour faciliter la tâche à l’équipe technique et bien retranscrire à l’écran le récit que je lis pour pouvoir garder l’attention du public. Deux collaboratrices au sein d’Opération Bokiko, Mampianina Randria et Holy Danielle ont par la suite boosté la diffusion de cette série également. Ce fut vraiment un joli travail d’équipe très professionnel de notre part à tous.

Quelle en sera la continuité vu les retours positifs du public ?

Il y aura bien-sûr une continuité, notamment à travers des festivals en province sur lesquels on travaille déjà. Ceci-dit, je préfère encore pour le moment prendre le temps de la réflexion, car se posent les problèmes tech niques de faisabilité de ce genre de projet, ainsi que sa pérennité. Il importe également aussi qu’on s’active mieux encore sur la valorisation des droits d’auteurs. Le fait est qu’il ne faut plus que les auteurs soient toujours les dindons de la farce et qu’ils puissent pleinement jouir de leurs droits, ainsi que de la valeur de leurs ouvrages. Le piratage en soi est un fléau grandissant dans notre pays qui fait face à une pauvreté constante, ce genre de projet se doit d’être monté en partenariat, avec des cahiers de charges précis pour pallier au manque financier dans le milieu pour que tout le monde y trouve son compte.

Ce concept n’est-il pas plus propice sur les réseaux sociaux vu qu’on est tous convié à rester chez soi ?

Certes, mais je pense qu’on peut déjà penser plus loin, notamment en terme d’éducation auprès de zones enclavées. Je félicite d’ailleurs déjà la Direction Générale du livre et des Bibliothèques et la ministre de la Communication et de la culture Lalatiana Andriantongarivo. Ils se sont déjà attelés à monter une structure pérenne pour la lecture publique et surtout à poursuivre, mais aussi à poser les bases d’une politique du livre. Une réflexion menée depuis des années, avec entre autres feu Tsilavina Ralaindimby, puis Mireille Rakotomalala et Elia Ravelomanantsoa. Merci à eux.

Vos perspectives pour cette année ?

On en a pas mal pour cette année, malgré les difficultés présentes, des projets prennent formes, mais permettez-moi de ne pas en dire plus en ce moment. Je préfère consolider les projets, du point de vue logistique, d’exécution, de partenariat, de pérennisation et par-dessus tout pour la protection des droits d’auteur comme je le disais. Le temps de pouvoir peaufiner tout ça auprès de l’Omapi et de l’Omda, entre autres, nous avancerons sur la réalisation de ces projets avec l’Opération Bokiko.

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