Accueil » Economie » Filière apicole – Le miel local en proie au frelatage
Economie

Filière apicole – Le miel local en proie au frelatage

L’Union Européenne et les états-Unis sont les principaux demandeurs de notre miel.

80% du miel destiné à la consommation locale s’avère être des produits de qualité discutable. C’est le constat que déplorent certains apiculteurs de la Grande île.

« Sur cinq bouteilles de miel sur un étale d’un marché de la capitale, il est susceptible que quatre d’entre elles soient du miel mélangé voire frelaté. Il devient de plus en plus difficile de trouver un produit de qualité sur le marché local. La relance de l’apiculture avec le respect des normes devient un impératif pour préserver la filière apicole», lance Jean-Marc Rolland, responsable chez Ilanga Nature. Une des principales mielleries de Madagascar. Plus de 80 % du miel actuellement disponible sur le marché local sont issus de l’api cueillette ou de collectes de miel sauvage dans la forêt, alors que la demande au niveau national et international ne cesse d’augmenter.

Avec ce taux de demande grandissant, les commerçants, presque tous des revendeurs, sont tentés de couper le miel pur. Cela augmente le rendement de ces revendeurs au détriment de la qualité du produit destiné aux consommateurs finaux. Une pratique qui peut nuire à l’image même de toute la filière à long terme. « Des études révélant la présence quasi-systématique de traces de pesticides et métaux lourds dans le miel européen et asiatique, une opportunité pour le miel malgache, aux essences endémiques et 100 % naturelles de reconquérir de nouveaux marchés dès que la situation économique mondiale sera rétabli après le covid-19 », s’enthousiasme Jean-Marc Rolland. Ce responsable utilise le terme « reconquête » dans la mesure où la Grande île, dans les années 20, avait une capacité d’exportation de près de 40.000 tonnes annuelle. Actuellement Madagascar n’a plus qu’une maigre production de près de 5.000 tonnes par an.

Investissement

La vitesse de croisière de la filière apicole est encore bien loin. Des investissements d’envergure sont nécessaires pour relancer complètement la filière qui a été laissé presque à l’abandon. « Aux début de nos activités, il a fallu injecter un peu plus d’un million et demi d’euros pour rassembler et collaborer avec un peu plus d’un millier d’agriculteurs-apiculteurs répartis sur toute l’île. Un investissement de taille qui commence seulement à porter ses fruits après des années d’activités », explique le responsable d’Ilanga Nature. L’apiculture est une activité annexe pour les paysans. Peu d’entre eux s’investissent intégralement dans cette activité de peur d’avoir une faible rentabilité avec les techniques traditionnelles majoritairement appliquées. Seulement 30 % d’entre eux pratiquent l’apiculture moderne avec des ruches à cadres ou à barrettes, tandis que 70 % pratiquent les techniques traditionnelles dont l’apicueillette. D’où la faible productivité de la filière. « Tant qu’il n’y aura pas une vaste zone de production de plantes mellifères à Madagascar, la technique traditionnelle prévaudra.De plus l’inexistence d’une politique apicole favorise la lenteur de la relance de cette filière.Il est impératif de mettre en place des stratégies claires pour le développement de la filière », argue Jean-Marc Rolland.

 

2 commentaires

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter

  • Les marchés internationaux souhaitent des miels de qualité et ont besoin de 700 000 tonnes de miels. Madagascar qui exportait 25 000 de tonnes le siècle dernier sur une production de 38 000 tonnes, a une carte à jouer importante pour se faire une place. La visibilité de MAdagascar avec ses épices et plantes endémiques pourra propulser les miels puisés par les abeilles au sein d’une biodiversité unique au monde, riche en nutriments et en santé…

Voir aussi