Editorial

Air conditionné

Le gouvernement s’est engagé à payer la totalité des salaires des employés d’Air Madagascar. Cela en dépit des énormes difficultés financières dans lesquelles la compagnie aérienne nationale se débat depuis plusieurs années. Aux déficits d’exploitation d’un exercice à l’autre ont été ajoutées les lourdes amendes décidées par le Tribunal de commerce de Paris. Au profit d’Air France, suite aux litiges liés à de vraies-fausses locations de deux Airbus, conclues durant la Transition. Des appareils désuets et budgétivores par leur insatiable consommation de kérogène et les coûts astronomiques de leurs entretiens.

Besoa Razafimaharo, un enfant de la maison, redevenu directeur général par les soins des dirigeants HVM, a préféré sauter par delà les hublots, au lieu d’être éjecté de son siège par une décision d’un Conseil des ministres présidé par Andry Rajoelina. Tant sa situation personnelle et professionnelle devenait intenable.

La nomination de son successeur se fait attendre. Personne ne se bouscule aux portillons d’un poste à haut risque. L’audacieux qui accepterait de mettre ses mains sur les manettes devrait naviguer à vue. À part les considérations pécuniaires et comptables, le partenariat stratégique avec Air Austral scellé par le régime HVM, décrié dés son décollage par des spécialistes de l’aéronautique civile, reste en suspension. Alors que le business plan y afférent a été élaboré de façon à sortir Air Madagascar de la zone de turbulence.

Des initiatives pour chercher d’autres points de chute, des aéroports de dégagement comme on dit dans le milieu, ont été émises ici et là, mais aucune n’a abouti à une concré­tisation de ces louables intentions. Même Rivo Rakotovao, président du Sénat, de passage à Addis-Abeba, a évoqué la question avec des hauts responsables d’Ethiopian Airlines.

C’est dans ce contexte compliqué en tous points de vue, que l’horizon vient d’être obstrué par les conséquences de la propagation du coronavirus à travers le monde. Les trafics aériens, « transporteurs officiels du Covid- 19 », sont cloués au sol, jusqu’à nouvel ordre. Et ce ne sera pas demain la veille qu’ils seront autorisés à reprendre leur envol. Alors qu’Air Madagascar réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires sur les vols long-courriers. En l’occurrence, la ligne Antananarivo-Paris .

L’État, actionnaire principal d’Air Madagascar n’a jamais osé franchir le pas de la privatisation pure et simple. Par la cession des actifs. Cherchant à tout prix à garder le joyau de la famille. Coûte que coûte, par diverses options médianes. Céder aujourd’hui Air Madagascar s’apparenterait à un voyage sans retour. Ses actions valent moins qu’un fétu de paille.

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