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Coronavirus – Les entreprises franches tenues à l’œil

Les  entreprises  franches  sont  quasi-désertes  depuis l’application  des  mesures  de  confinement.

Le premier jour de confinement, des ouvriers se sont rués massivement vers des entreprises franches. Des éléments des forces de l’ordre ont dû mener une opération.

Les forces de défense et de sécurité sont passées à la vitesse supérieure dans l’effectivité du dispositif de confinement. Dans le district d’Ambohidratrimo, les entreprises franches sont, entre autres, tenues à l’œil. L’objectif est de faire respecter rigoureusement les consignes de sécurité pour parer la propagation du coronavirus, dont la distance de un mètre entre deux personnes, que cela soit dans les locaux de travail ou à bord des véhicules de transport de personnel.

Dans les banlieues périphériques comme à Ivato, Ambohijanahary Antehiroka, Ambohidratrimo et Alakamisy Anosiala, des éléments de l’armée multiplient les patrouilles. Des véhicules d’assaut sont positionnés dans les principaux carrefours et axes routiers empruntés par les cars de transport de personnel. Parqués non loin d’une entreprise franche à Ambohidratrimo, au début de l’application des consignes de confinement, les chauffeurs d’une dizaine de cars de soixante places chacun, qui assure le transport des ouvriers et qui, d’habitude, sont bondés de monde, ont fait l’objet de sommation verbale sous peine de mise en fourrière de leurs véhicules.

Inquiétude

De ce fait, ils ont quitté les lieux. Les machines des entreprises franches tournent au ralenti depuis la mise en vigueur du confinement. Un personnel réduit dont des responsables de maintenance ainsi que quelques poignées d’ouvrier font fonctionner les usines en honorant les timides commandes des entreprises, avec le manque crucial de matière première et maintenant, de main d’œuvre avec le rationnement du personnel en exercice. De petits véhicules de cinq places sont spécialement mobilisés pour assurer leu r transport.

Après avoir touché mot au directeur des ressources humaines d’une entreprise franche à Ambohidratrimo, les éléments des forces de l’ordre ont poursuivi l’opération dans les autres lieux d’implantation de pareilles sociétés, relevant de leur circonscription. Des patrouilles, ainsi que des inspections de nuit ont été signalées. Des présences militaires sont encore constatées dans les environs de ces lieux de travail, ainsi que des axes qui y mènent. Des ouvriers contraints de suspendre leur gagne-pain manifestent néanmoins leur inquiétude.

« C’est notre seule activité. Or, nous ne sommes pas rémunérés en cas de cessation d’acti­vités. Personnellement, je souhaite un retour à la normale le plus tôt possible. Vivement que tout ceci finisse parce que nous n’avons ni provisions ni économie. Si cela continue, ce n’est pas le coronavirus qui va nous tuer, mais la faim. D’autant plus que les prix des produits de premières nécessité sont doublés par des commerçants qui profitent de cette détresse nationale », se désole Juliette Razafiarisoa, machiniste de l’entreprise General Garment à Ambohijanahary Antehiroka.

Dans certaines entreprises franches, comme celle de Miklen à Anosiala Ambohidratrimo, des cadres étrangers sont restés à Madagascar.