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Comores – L’opposition conteste la victoire d’Azali

Le président-candidat Azali Assoumani devant la presse, à la suite de sa réélection officialisée par la Ceni.

Les adversaires du président Azali Assoumani ont immédiatement réfuté les résultats de l’élection présidentielle. La situation semble bloquée dans l’archipel comorien.

L’opposition comorienne est restée inflexible mercredi, au lendemain de l’annonce de la réélection du président Azali Assoumani. Elle la juge entachée de fraudes massives, laissant augurer d’une nouvelle crise politique dans l’archipel.

Quarante-huit heures après la clôture du scrutin, le président de la Commission électorale (Ceni), Djaza Ahmed Mohamed, a proclamé mardi soir la victoire haut la main du chef de l’État sortant, 60 ans, crédité de 60,77% des
suffrages.

À la tête du pays de 1999 à 2006, réélu en 2016, le colonel à la retraite et ex-putschiste a écrasé ses douze rivaux. Arrivé en deuxième place, l’avocat Mahamoudou Ahamada, du parti Juwa, n’a décroché que 14,62% des voix.
Sitôt son succès officialisé, M. Azali s’est réjoui sans retenue devant ses partisans.

« C’est vrai, il y a eu des couacs mais on s’estime heureux car ça aurait pu être plus grave », a-t-il réagi devant la presse. « Le plus facile a été fait, maintenant c’est le plus difficile (qui débute), la construction du pays. Et c’est là où il y a besoin de tout le monde pour (…) aller de l’avant. »

Constat accablant
Son offre a été immédiatement rejetée par ses adversaires. « Pour nous, il n’y a pas eu d’élection dimanche, il y a eu un coup d’État », a répété Mugni Baraka Said Soilihi, classé troisième du premier tour.
« Le régime Azali a préparé son hold-up avec minutie, mais c’était trop gros. Les urnes bourrées ont été découvertes », a raillé le porte-parole de l’Union de l’opposition, Moustafa Saïd Cheikh, « nous espérons que la communauté internationale ne reconnaîtra pas cette mascarade ».

La société civile comorienne et les observateurs étrangers ont dressé un constat accablant du scrutin. Bureaux saccagés, urnes bourrées ou confisquées par la gendarmerie ou assesseurs de l’opposition empêchés de faire leur travail…

« Les incidents observés (…) n’ont pas permis aux électeurs de sortir massivement pour exercer leur droit civique dans la sérénité », a résumé la mission de l’Union africaine (UA), du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (Comesa) et des Forces en attente de l’Afrique de l’Est (EASF).

L’absence du moindre représentant étranger lors de l’annonce des résultats par la Ceni a été très remarquée.
« Je n’ai jamais vu élections plus transparentes dans notre pays », a rétorqué à toutes les critiques le ministre de l’Intérieur Mohamed Daoudou, dit « Kiki ».

L’opposition a exigé un nouveau scrutin et ne semble pas prête à accepter la timide main tendue par le vainqueur.

© AFP

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