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Artisanat – Les procédures d’exportation se compliquent

Un guichet unique résoudrait les problèmes rencontrés par les exportateurs de produits artisanaux.

Parcours du combattant. Il faut passer onze étapes pour qu’un produit d’artisanat puisse franchir les frontières. Le ministère de l’Industrie, du commerce et de l’Artisanat (MICA) entend améliorer la traçabilité des produits artisanaux, en établissant ces étapes obligatoires. Un appui particulier a été considéré au niveau de l’origine réelle du produit à exporter. Outre les obligations habituelles telles la présentation des factures qui doivent être établies en plusieurs exemplaires, en Euro, en indiquant les nomenclatures douanières des marchandises, les domiciliations bancaires d’usage, l’indication des poids et volumes ou autres conditionnements des colis, les chemins de la certification se présentent en revanche, laborieux. Les exportateurs y voient un « excès de zèle agaçant ». « Les produits font beaucoup trop de va-et-vient entre les différents ministères concernés. Un échantillon du produit pour chaque ministère, celui de la Culture, et le ministère de l’environnement. Ceux qui exportent des pierres ou bijoux sont contraints d’aller au ministère des Mines. Les échantillons rejoignent ensuite le Cenam (Centre national des arts mala­gasy) auprès duquel il faut prendre rendez-vous pour une visite. Une visite pour un “sondage” de l’échantillon qui ne se tient pas à cette demande de rendez-vous mais le lendemain ou le surlendemain », explique un exportateur de produits en fibres végétales et en bois. Il lui faut alors trois jours au minimum car la Douane effectue également une autre visite. « C’est beaucoup de temps et beaucoup d’énergie », se plaint-il.

Efforts

Un autre exportateur raconte qu’auparavant, la présentation d’un échantillon n’était pas obligatoire mais une facture aurait suffi pour obtenir le certificat « fait main » auprès du service des Normes et de la certification de la direction de la Professionnalisation de l’Artisanat, et ce en deux heures maximum. Actuel­lement, c’est seulement après l’établissement de la note de valeur des marchandises
que sort un certificat d’origine, typé selon les destinations (type européen, COI, Comesa…). Le certificat d’origine donne lieu à l’obtention de la lettre de transport aérien ou de connaissement. Un autre contrôle de la Douane après les services de transit. « Où est passé le guichet unique pour les produits artisanaux où tout s’opérait en une heure de temps ? » se demandent alors nos interlocuteurs. La valeur de l’exportation des produits artisanaux connaît un taux d’accroissement de 6, 8% entre 2018 et 2019. De 12 919 115 eu­ros en 2018, la valeur est passée à 13 791 000 euros l’année suivante. Les produits artisanaux concernent les fibres végétales, bois et dérivés, métaux et travail de métaux, pierre et bijouterie, textile et habillement et divers animal et agro-alimentaire. 200 000 artisans seront bientôt identifiés par l’Instat. Dans les efforts de professionnalisation, les cartes d’artisans sont remplacées par de cartes professionnelles électroniques.

 

1 commentaire

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  • Quand dans les pays développés occidentaux, les procédures d’exportation se limitent à l’établissement d’un document EX pour la douane et c’est tout, on ne s’étonne pas que Madagascar est parmi les pays les plus pauvres du monde !!! Bureaucratie, corruption des fonctionnaires, lenteurs administratives, tout cela à supporter pour exporter un produit. C’est ridicule !