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Morombe – La prostitution infantile s’amplifie

La prostitution infantile, dans le district de Morombe est non seulement désolante, mais catastrophique pour les jeunes adolescentes.

L’installation de nouveaux projets à Morombe, dans la région Sud-Ouest, aggrave la prostitution infantile. Les droits de l’enfant sont bafoués et des mesures efficaces s’imposent.

L’heure est grave. Une délégation d’entités basées à Toliara travaillant principalement dans la protection des droits de l’Enfant est descendue à Morombe, district de Toliara II, la semaine dernière. De jeunes adolescentes de 12, 13, 14 ans se prostituent. « Notre district intéresse actuellement divers projets : la réhabilitation et l’extension du périmètre Bas-Mangoky, la réhabilitation des canaux d’irrigation dans diverses communes de cette partie nord de la région, les projets d’amélioration de la filière rizicole, la construction de routes et de ponts sur la RN9. Ce qui est bien pour notre économie, mais renversant pour le côté social », témoigne Botosoa, adjoint au maire de la commune de Tanandava station.

Avec lui, des maires, adjoints aux maires, présidents des Conseils municipaux de Befandefa, Morombe, Basibasy, Ambahikily, Antongo, entre autres, reconnaissent le boom de la prostitution infantile. « Ce sont aussi les parents, pressés par la pauvreté, qui envoient vendre le corps de leurs enfants à ces travailleurs nouvellement installés. Pour 5 000 ariary, l’enfant se livre à ces hommes », dénoncent-ils.

Nombreuses sont celles qui tombent enceintes, abandonnent leur études et s’exposent à diverses maladies sexuellement transmissibles.

Lutte
Une situation qui a engendré, par ailleurs, la hausse de la consommation de drogues par les jeunes de Morombe, en général. « Nous demandons de l’aide car nous ne savons plus comment conscientiser nos jeunes et les ramener sur le droit chemin. Les stupéfiants sont en train de les consumer », se désole une responsable de l’école Saint Joseph de Morombe.
« Ces faits constituent essentiellement une violation aux droits des enfants. Et de deux, la situation appauvrit encore plus les parents avec ces jeunes filles qui tombent enceintes et qui deviennent filles-mères malgré elles. Sans parler des conséquences désastreuses sur la santé des enfants avec des grossesses précoces, des viols et des abus sexuels en tout genre », explique un responsable de l’Unicef. Des cas de travail d’enfants dénoncés également par un inspecteur du travail, membre de la délégation.

La direction régionale du Travail étant le meneur du Comité régional de lutte contre le travail des enfants (CRLTE), dont la mission consiste nécessairement à lutter contre des exploitations sexuelles à des fins commerciales, dénonce, la stratégie à adopter comprend la mise en place d’un Réseau de protection de l’enfant (RPE) au niveau du district avec la direction régionale de la Population. «Dans la mise en œuvre des actions de protection des enfants, un comité local de vigilance a été créé pour assurer d’abord des travaux énormes de sensibilisation, des dénonciations de travail d’enfants et un lobbying auprès d’autres instances », explique Patrick Andrianome, inspecteur du travail.

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