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Environnement – Préservation – Les montagnes et les sols, supports de toute vie sur terre

La région Vakinankaratra a ouvert la saison de reboisement à Andempombe Ambohinaorina, dans la commune rurale de Betafo, vendredi dernier. 

L’eau c’est la vie. Et les montagnes contribuent à l’approvisionnement en eau des localités qui se trouvent sur leurs flans ou en aval, grâce en particulier à l’existence de sources. Tandis que les sols fournissent des moyens de subsistance pour l’homme.

La célébration conjointe de la Journée internationale des montagnes et de la Journée mondiale des sols, les 6 et 7 décembre derniers, dans la région Diana n’est pas le fruit du hasard. En effet, les actions combinées de gestion conservatoire des eaux et des sols garantissent la disponibilité des ressources en eau pour le bien-être des populations et le développement des territoires mitoyens aux aires protégées montagneuses.
Le parc national de la Montagne d’Ambre contribue à l’approvisionnement en eau potable de la ville d’Antsiranana, laquelle compte, actuellement, plus de 123 000 âmes. La nouvelle aire protegée d’Ambohitr’Antsingy, plus connue sous l’appellation « Montagne des Français », garantit également la disponibilité de la ressource en eau, potable et agricole, d’une partie de la population de la commune rurale de Ramena, plus précisément du village d’Ivovona, situé à 15 km de la ville.
Même si les montagnes semblent fortes et indestructibles, elles sont très vulnérables. « À un certain moment, nous étions obligés de nous déplacer dans la ville d’Antsiranana pour acheter de l’eau à 2 000 ariary le jerrican de 20 litres, quand l’eau de la rivière de Bedô s’est tarie. Ce malheur nous a poussé à avoir des idées pour la restauration de ce cours d’eau grâce à la création de l’aire protégée », a témoigné Jaoravo, président d’une communauté villageoise.
Pour 2018, la célébration au niveau national des Journée internationale des montagnes et de la Journée mondiale des sols a été marquée par deux évènements étalés sur deux journées. À savoir la sensibilisation de masse axée sur l’importance des montagnes pour l’approvisionnement en eau, le tourisme, la biodiversité lors de la première journée, et la sensibilisation des acteurs locaux sur la gestion des sols, bases de l’agriculture, pour le bien-être des populations, lors de la deuxième journée.

La protection d’une source est essentielle
dans l’approvisionnement en eau.

Gestion conservatoire
Ainsi, lors de ce deuxième évènement, plus de deux cent cinquante personnes, issues de plusieurs entités comme le ministère de l’Environnement, de l’écologie et des forêts, des collectivités territoriales décentralisées, des services techniques déconcentrés, des gestionnaires d’aires protégées, la société civile, le secteur privé, des organisations confessionnelles, des médias, des forces armées, des communautés villageoises, des autorités traditionnelles, groupes d’animation culturelle, entre autres, ont fait le déplacement à Ivovona. Elles ont constaté de visu le cas démonstratif dans l’aire protégée d’Ambohitr’Antsingy, ou Montagne des Français. De fait, la gestion durable de la ressource en eau y est assurée grâce à la création d’une aire protégée, cogérée avec les communautés villageoises, jalouses de préserver durablement l’approvisionnement en eau potable de leurs villages. Ce statut de protection du sous-bassin versant de cet endroit a sauvé du tarissement les sources dans la colline de Bedô (littéralement, où il y a beaucoup de serpents), montagne s’élevant à mille mètres d’altitude par rapport au village d’Ivovona.
Mettant en pratique le slogan « Soyez la solution », les visiteurs ont contribué à la restauration du site de la rivière par la mise en terre de cent cinquante plants de raphia, palmier reconnu pour son utilité pour l’homme et son importance dans l’amélioration de la capacité d’infiltration des sols, donc de recharge en eau de la nappe phréatique.
Pour clôturer la célébration des deux Journées mondiales, des projections de films, et des interprétations de pièces de théâtre, de sketches, et de chansons sur le thème de l’environnement ont été organisées au village d’Ivovona, avec la participation de l’Alliance française d’Antsiranana et la compagnie de théâtre Zolobe. De même, une bibliothèque y a été ouverte, tandis qu’un déjeuner commun et un bal populaire ont égayé le déplacement sur place.
« Cette descente a eu pour objectif de faire connaitre aux acteurs locaux et régionaux, l’importance de la gestion conservatoire de l’eau et des sols des zones montagneuses pour le bien-être des populations », a expliqué la coordonnatrice du projet Kobaby. Une initiative pour la gestion et la préservation de neuf aires protégées dans la Diana.

Le village d’Ivovona a accueilli la célébration de la Journée internationale des montagnes
et de la Journée mondiale des sols.
La compagnie Zolobe a sensibilisé les villageois en jouant des pièces
de théâtre et des sketches.

 

 

 

 

 

 

 

 

L’équipe du projet Kobaby qui prendra en main les neuf aires protégées de la Diana.

Naissance d’un projet ambitieux

Outre la célébration de ces deux Journées mondiales, l’occasion a été également saisie pour le lancement officiel du projet « Kobaby ». Un programme de développement à l’initiative de la base. Il prendra soin des neuf aires protégées dans les quatre districts de la région Diana pendant cinq années. Ce projet est né d’une convention de financement, signée en janvier dernier, entre l’État malgache et l’Agence française de développement, dont les participations s’élèvent respectivement à 1,4 millions d’euros et à 7 millions d’euros.
En fait, le projet Kobaby se concentrera sur la valorisation durable du capital naturel et des écosystèmes de six aires protégées terrestres et de trois aires protégées marines. Il s’agit d’améliorer les connaissances sur ces aires protégées afin de mieux planifier les actions de protection et de valorisation.

La sensibilisation passe mieux avec les sketches.

Un rôle essentiel dans les équilibres écologiques

En fait, les montagnes jouent un rôle très important dans l’alimentation en eau douce de la moitié de la population mondiale. Elles abritent environ 12 % de la population mondiale et un nombre impressionnant d’espèces animales et végétales. Elles jouent aussi un rôle essentiel dans les équilibres écologiques de la planète.
Madagascar est considéré comme un pays de montagnes, véritables châteaux d’eau et garants du bien-être des populations. L’eau issue des montagnes contribue à l’accès à l’eau potable et assure l’eau nécessaire aux activités agricoles en aval.
Quant aux sols, ils sont le siège des grands cycles de la matière et de l’énergie entre l’atmosphère, les nappes phréatiques et la couche végétale. Ils ont un rôle essentiel dans les moyens de subsistance de l’homme. Cependant, les sols seraient les grands oubliés des politiques environnementales. Ils sont de plus en plus dégradés en raison de pratiques de gestion inappropriées, de la pression de la population entraînant une intensification insoutenable et une gouvernance inadéquate des ressources essentielles.

 

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