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ENVIRONNEMENT – Le feu rase l’habitat des Angonoka

L’incendie a fait rage dans la baie de Baly à Soalala.

Endémiques de Madagascar et évoluant exclusivement dans la baie de Baly à Soalala, les dernières angonoka se chiffrent entre quatre et sept cents. Leur dernière demeure a été la proie des flammes en fin de semaine.

Un danger réel qui risque fort d’effacer de la planète les traces de l’Angonoka ou tortue à soc, une espèce endémique de Madagascar, en danger critique d’extinction selon l’Union Internationale pour le Conservation de la Nature. L’ultime habitat naturel des dernières populations, rescapées de crimes contre l’environnement perpétrés par l’homme à Soalala Mahajanga est la proie des flammes depuis une semaine. L’heure est grave. En effet, les dernières populations dénombrées comptent entre quatre cent quarante et sept cents individus selon les statistiques établies en 2012.

Ces tortues en voie d’extinction, retranchées dans une aire protégée très réduite de 25 à 60 km², exposée dans la savane, la forêt tropicale sèche, les mangroves et les broussailles de la baie de Baly dans les brousses profonde de Soalala, situé à150 km de l’agglomération centrale de Mahajanga ont été dangereusement traquées par leurs pires ennemis, les flammes et les fournaises. Pas plus tard qu’avant-hier, trois foyers de feux de brousse qui ne pardonnent pas ont déferlé sur l’aire protégée.

Survie complexe

Pas plus tard que jeudi, pareil sinistre s’est déclaré dans le site. Le ravage a commencé par un feu de litière dans la zone tampon de Baly qui s’est répandu très vite dans la forêt d’Ambida pour frapper de plein fouet le noyau dur, où est enfoui le sanctuaire des Angonoka, également connues sous le nom scientifique Astrochelys Yniphora. La situation a déclenché une mobilisation collective. Des élus, les forces de défense et de sécurité ainsi que l’équipe de la direction inter-régionale de l’Environnement et du Développement durable Boeny Betsiboka, ont prêté main forte aux sapeurs-pompiers venus rejoindre les villageois des localités de Baly, Ankera, Soalala et Antanamanintsy.

Étant donné les difficultés pour rallier le lieu du sinistre où la voie maritime est la plus indiquée, la bataille contre les flammes s’est avérée un peu tardive. Alors que les secouristes se battaient énergiquement pour sauver la dernière demeure des tortues à soc, trois autres cœurs d’embrasement ont éclaté dans les savanes de la baie, obligeant les autorités et le fokonolona à redoubler d’efforts. Les rafales de vent qui ont sévi ne leur ont pas néanmoins facilité la tâche. Outre les lourdes conséquences laissées par les actions humaines, le faible effectif des Angonoka s’explique par la complexité de l’environnement favorable à leur survie. En effet, ces tortues uniques au monde ne peuvent évoluer que dans un milieu conciliant faune et flore, dont le relief n’excède pas les 50 mètres au-dessus du niveau de la mer.

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  • Autant on a pleuré l’incendie du Rova , autant on est outré par ces feux de forêt criminels . Et notre sucré du peuple n’a pas pipé mot de ce fléau préjudiciable à la planète route entière aux nations unis …