Editorial

Industrie artisanale

Grand dilemme pour l’État. Qui faut-il protéger, l’industrie ou les consommateurs ? Dans un élan de nationalisme l’État a décidé d’adopter des mesures coercitives contre certains produits importés pour favoriser des produits locaux. Des taxes additionnelles ont été rajoutées à ces produits bien déterminés comme le savon, les pâtes alimentaires, l’huile entre autres. Mais alors que les mesures attendaient d’être appliquées, des spéculateurs sans vergogne ont immédiatement fait disparaître certains produits pour créer une fausse pénurie et majorer les prix. Du coup le prix de l’huile alimentaire vendue en vrac en particulier a pris l’ascenseur pour atteindre des sommets en quelques jours. Les autres produits comme la viande ont également suivi la spirale de la hausse sans qu’ils soient l’objet de concurrence de produits étrangers exceptées la charcuterie et la conserverie. Mais aussi bien les abats que les morceaux choisis ont subi une majoration considérable.

Les spéculateurs n’attendaient qu’une opportunité pour agir. En 2015, la grande inondation était une occasion rêvée pour augmenter le prix du riz anticipant une éventuelle coupure de route et des difficultés d’approvisionnement. Ce ne fût pas le cas mais les prix n’ont plus baissé depuis même si une sécheresse a pris le relais à l’inondation.

L’État avait eu beau envoyer des contrôleurs au marché d’Anosibe pour épier les spéculateurs et les auteurs de rétention de stock, les prix ont fermement campé dans leur position en dépit d’une importation massive. Les importateurs et les grossistes avaient été convoqués au palais d’Iavoloha pour tenter de trouver des solutions, en vain. Ils ont affirmé à l’unanimité que rien n’a changé de leur côté pour justifier une hausse de prix. La même rengaine a été entendue du côté des producteurs d’huile alimentaire vendue 3200 ariary au départ mais revendue 8000 ariary aux consommateurs.

L’État a du abandonner définitivement les mesures coercitives pour limiter les dégâts et préférant protéger les consommateurs au détriment des industries nationales. D’ailleurs les mesures n’auraient eu la moindre efficacité si l’industrie nationale n’est pas capable de répondre à la demande des consommateurs. Une rupture de stock est toujours la cause d’une hausse des prix. Ce qui est loin d’être le cas. Malgré des efforts considérables, la plupart des industries locales n’ont jamais investi en personnel, en matériel et équipements pour pouvoir supporter la concurrence et répondre à la demande. Elles restent au stade d’une industrie artisanale avec une production limitée. Si la production nationale arrive à satisfaire la demande en quantité et en qualité, on aura résolu le deux tiers du problème. Pour le moment donc, l’État a fait le choix de faire la part des choses et de ménager le chou à défaut de pouvoir engraisser la chèvre. Sinon, on aurait fait toute une salade.

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter