Accueil » Editorial » Invasion fiscale
Editorial

Invasion fiscale

La pandémie semble tirer à sa fin. Du moins à Antananarivo où les prévisions sont plus ou moins justifiées. Il reste quelques malades à soigner au seul centre de traitement encore actif à Mahamasina. En tout, il y aura eu près de deux cent morts du coronavirus. Ce qui est un chiffre plus qu’honorable. Ailleurs, on dénombrait cent cinquante fois plus de victimes au quotidien comme c’est le cas actuellement dans certains pays où la pandémie ressurgit de manière fulgurante avec la réouverture des lignes aériennes, le retour des spectacles et des rencontres sportives, la réouverture des restaurants.

Tout le monde lâche un grand ouf de soulagement après cinq mois de sacrifice. Mais la Covid-19 aura fait des dégâts importants au niveau des entreprises. En réalité, elle aura tué plus d’entreprises que d’individus. Eh oui, les sociétés et entreprises en ont carrément bavé et on ignore si elles ont les moyens de repartir du bon pied. Malgré le retour à la normale de la vie, certains secteurs sont encore complètement bloqués à l’image de l’hôtellerie internationale. Elle doit attendre le retour des lignes aériennes pour pouvoir renouer avec un taux d’occupation acceptable. Pour le moment, il y a loin de la coupe aux lèvres. Il en va de même du tourisme et de ses activités connexes.

Il faut dire que la plupart des sociétés et entreprises se trouvent aujourd’hui dans l’incapacité d’honorer leur devoir vis à vis du fisc. Les organisations professionnelles du secteur privé n’ont de cesse de demander à l’État l’annulation du paiement des impôts et taxes à défaut d’accorder des subventions aux entreprises pour sauvegarder l’emploi. Il n’y a pas qu’une seule entreprise qui s’est montrée indélicate vis-à-vis du fisc même si pour le moment, il est difficile d’établir une liste de ceux qui ne sont pas à jour dans le calendrier fiscal. Il faut évidemment chasser les délinquants fiscaux qui grèvent les ressources de l’État, mais il faut mettre tout le monde dans le même sac. Le moment est peut-être mal choisi pour s’acharner sur les entreprises déjà mal en point. C’est d’autant plus vrai que l’État a annoncé avoir reçu des bailleurs de fonds de quoi alimenter les caisses de l’État et payer les agents de l’administration. La situation es t déjà assez délicate pour qu’on la complique avec une invasion fiscale intempestive qui pourrait mettre de l’huile sur le feu.

La conjoncture est cruciale pour tout le monde qu’il faut éviter des étincelles aux conséquences regrettables. Chaque chose en son temps et tout ira pour le mieux.

1 commentaire

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter

Voir aussi