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Projet minier – Des opposants à Base Toliara s’ouvrent au dialogue

Le projet d’extraction d’ilménite de Ranobe, dans la région Atsimo Andrefana, Base Toliara, gagne des points. Des contestataires au projet veulent bien changer de camp si des conditions, leurs conditions, sont remplies et satisfaites. Les principaux leaders de l’ «opposition» à Base Toliara attendent avant tout de discuter avec les responsables du projet.

Basculement. Des associations connues pour s’opposer radicalement au projet Base Toliara ont accepté de livrer leur avis sur la question, après des mois de silence. Des concertations ont eu lieu au sein des communes, d’après leurs explications, car «la situation économique et sociale s’est détériorée ces derniers temps, faute de précipitations et non à cause de Base Toliara qui n’a même pas démarré”. Des membres étudient toutes les possibilités d’amélioration économique de quelques communes du district de Toliara II, dont la reprise de Base Toliara. L’Association «Mazoto», née à Ankilimalinike et Tsianisiha, deux des cinq communes d’intervention prévues du projet Base Toliara, a toujours refusé le projet d’extraction d’ilménite de Ranobe, sis dans le district de Toliara II. Les membres ont manifesté leur mécontentement ces cinq dernières années et l’ont fait savoir par des moyens quelquefois forts. Ils ont dénoncé le risque d’accaparement de terrain, de radioactivité qui tuerait ou déformerait leur progéniture, des défrichements, du saccage que subirait la forêt Mikea, des pertes graves pour l’environnement ou encore des désavantages économiques pour leurs communes. Il fut un temps où les membres de l’association Mazoto refusaient même de parler à la presse, par peur «d’une déformation de la réalité». «Nous étions totalement opposés à ce projet depuis Toliara Sands. J’ai même été le leader de ces opposants. La raison était que toutes les promesses faites à l’époque n’avaient été pas honorées, dont entre autres les compensations financières, la construction d’hôpital ou d’écoles. Puis Base Toliara est arrivée mais les rumeurs ont circulé comme quoi elle s’est amenée pour nous arnaquer et ensuite dépouiller nos terres. Nous étions très méfiants», explique Zafihita, président de l’association Mazoto dans les communes d’Ankilimalinike et de Tsianisiha. Mais, après recul, aujourd’hui, les membres de l’association veulent bien réétudier le cas de «retour» de Base Toliara, d’après leur président. «Notre condition de vie ne s’est pas améliorée et nous avons réalisé que les problèmes que nous avons endurés n’étaient en aucun cas liés à ce projet qui n’avait même pas démarré. Et puis d’un côté, nos jeunes restaient sans emploi, alors que nous avons plusieurs diplômés. Sans parler du problème d’eau que nous endurons. Face à ce constat, nous nous sommes concertés au niveau des communes pour trouver des solutions» ajoute-t-il. Le projet Base Toliara est indiqué faire partie de ces solutions.

Tsiebo Mahaleo, sénateur de Madagascar est pour la reprise de Base Toliara.

Une ONG de protection foncière dénoncée

Marcel, dit Tsiamby, un propriétaire de terrains du fokontany de Benetsy, s’est également opposé au projet, surtout à la reprise de Toliara Sands par Base Toliara. Il s’est levé pour protéger tous les propriétaires de terrain à Benentsy, commune rurale d’Ankilimalinike. «Une organisation, indiquée comme œuvrant dans la protection des droits fonciers nous a alertés sur ce projet d’exploitation qui impactera nos communes, notre environnement et nos moyens de subsistance. Notre association Mazoto avait été incitée à s’y opposer farouchement. L’incendie de ce site n’était qu’une illustration de cette opposition»,livre-t-il.

Actuellement, ce fervent de Mazoto veut bien se mettre à la table de discussion sur une éventuelle reprise du projet, vu le contexte socio-économique de la localité. «L’insécurité s’aggrave dans les communes où nous vivons. Nos activités sont compromises avec la pénurie d’eau. Avec le recul, nous avons voulu tirer les choses au clair auprès de cette organisation, sur les droits fonciers mais celle-ci n’était pas en mesure de nous apporter des explications crédibles. C’est pourquoi plusieurs anciens leaders des opposants veulent bien s’ouvrir au dialogue avec la compagnie minière. Nous souhaitons même la reprise de ses activités» souligne Marcel, dit Tsiamby.

Neuf mille pêcheurs veulent coopérer

Georges Ratovo, président de « Zanadriake », une association de pêcheurs comptant près de neuf mille membres sur le littoral de Toliara, explique d’abord les raisons de leur opposition à ce projet. Puis les raisons qui les poussent à vouloir s’ouvrir au dialogue avec Base Toliara et les autorités locales et compétentes. Ils craignaient les éventuels impacts du projet sur les activités des pêcheurs, avec la jetée et le nouveau port qui sont prévus être mis en place à Andabohy. D’après lui, ce n’était pas évident pour les pêcheurs de céder leur lieu de pêche au bénéfice d’un projet qui va y construire ces infrastructures.

«Nous ne savions pas exactement ce que cette compagnie comptait entreprendre. Nous étions vraiment soucieux des impacts de cette exploitation sur nos activités», expose-t-il.

L’association «Zanadriake» veut bien collaborer avec Base Toliara. «Base ne devrait pas seulement ainsi penser aux emplois mais également aux droits et à l’avenir de nos pêcheurs» souligne Georges Ratovo.

Des conditions…. Indiscutables

Ces organisations regroupant d’anciens opposants disent être prêtes à accepter la reprise des activités de Base Toliara avec plusieurs conditions.

«Si la compagnie minière reprend, nous exigeons que nos jeunes, qui vivent dans les communes touchées par ce projet, soient priorisés dans les embauches, pour les emplois de cadres mais également pour les mains-d’œuvre», balance Zafihita, président de l’association Mazoto.

Les Zanadriake veulent de leur côté des preuves tangibles sur les intentions et les engagements de Base Toliara. «Des preuves qui doivent aller au-delà des engagements verbaux» insiste leur président Georges Ratovo.

«Base Toliara avait amené un vent d’espoir pour les communes de Tsianisiha, Ankilimalinike et Belalanda» livre Lambory Remandra, enseignant retraité dans la commune d’Ankilimalinike

«Nous sommes confrontés à un sérieux problème d’eau et cette situation pénalise nos activités agricoles. Beaucoup de paysans des communes rurales se trouvent donc sans activités génératrices de revenus. Nous demandons des indemnisations financières, la construction des tombeaux en remplacement de ceux qui seront rasés, des infrastructures scolaires et sanitaires» ajoute-t-il.

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