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Lutte contre la covid-19 – L’Armée monte au front

Le Centre de traitement Covid-19 de Mahamasina a été inauguré par le président de la République, Andry Rajoelina, samedi.

La lutte contre la Covid -19 est montée d’un cran. Avec la mise en place du Centre de traitement de Mahamasina, l’Armée prend les commandes dans la guerre contre le coronavirus.

L’armée s’en va-t-en guerre. C’est le moins qu’on puisse dire depuis samedi où le président de la République a inauguré le Centre de traitement de la Covid-19 au Palais des Sports à Mahamasina entièrement géré par les militaires.

« Nous n’allons pas nous laisser abattre, nous n’allons pas hisser le drapeau blanc dans cette guerre contre le coronavirus », a déclaré en substance, Andry Rajoelina pour résumer sa détermination à prendre le dessus sur cette pandémie. Si jusqu’ici, l’armée s’est contentée d’une présence dissuasive à chaque coin de rue à travers les blindés, cette fois elle est directement impliquée dans cette guerre contre un ennemi invisible.

L’Armée semble avoir été réquisitionnée pour reprendre en main la situation, vu l’aggravation des statistiques en particulier pour la région Analamanga. Mieux, le plein pouvoir semble lui avoir été confié, du moins dans ce difficile combat au détriment du CCO Ivato qui en quatre mois n’a pas réussi à juguler l’avancée de l’épidémie qui affecte désormais vingt régions sur vingt-deux.

Mettre tous les atouts

Le ministre de la Défense nationale le Général Richard Rakotonirina préfère relativiser les choses alors que la presse étrangère voit en lui le dernier rempart. Depuis presque un mois et le retour au confinement total, les chiffres sont alarmants.

En moyenne, trois-cents nouveaux cas par jour sont détectés avec un pic de six-cent-quatorze cas pour la journée du jeudi et quatre-cent-vingt-neuf cas, hier. Le nombre de morts officiel a atteint quatre-vingt cinq. Des chiffres qui font froid dans le dos et qui masquent le nombre de guéris, six-mille-dix sept soit le double de ceux qui restent en traitement, trois-mille-cent-quatre-vingt treize.

Sans parler ceux qui ont choisi de se faire soigner à domicile faute de place dans les hôpitaux. Le président de la République lui-même en a fait le témoignage hier, rapportant le cas d’un malade qui est allé d’un hôpital à l’autre sans avoir pu y être admis avant de rendre l’âme.

« Un mort est un mort de trop. Je ne peux pas admettre cette situation. Je ne veux plus entendre qu’un malade a rendu l’âme pour manque d’oxygène ». L’Etat a ainsi mis le paquet dans ce Centre de traitement de Mahamasina équipé de deux-cent-cinquante lits, d’extracteurs d’oxygène, de respirateurs, d’un système informatique qui permet de contrôler l’état de santé de tous les malades dans les hôpitaux et de prendre les décisions idoines pour mieux les soigner avec en prime, l’expertise de médecins militaires. Le CTC-19 peut accueillir toutes les catégories de malades.

Un véritable État-major est installé au Palais des Sports. L’Etat n’a pas lésiné sur les moyens pour mettre tous les atouts de son côté dans cette guerre. « Si le ministère de la Santé publique a estimé nos besoins à mille extracteurs d’oxygène, nous en avons commandé deux mille étant donné qu’il faut également en équiper les autres régions car la guerre va au-delà d’Antananarivo », a souligné le président de la République.

À Antananarivo, il y a quatre CTC-19 pour traiter les malades outre les hôpitaux publics ou privés alors que quarante-six établissements accueillent les malades de la COVID-19 dans tout le pays. L’épidémie s’est étendue presque dans tout le pays à cause de la circulation clandestine de certaines personnes à travers les barrières sur les routes nationales. Mais l’efficacité des mesures prises dépend en grande partie du respect du confinement et des gestes barrières.

Mieux vaut prévenir que guérir mais comme l’a reconnu le Premier ministre hier, le confinement est très difficile à appliquer en raison des impacts socio-économiques graves mais l’Etat a fait le choix de préserver la vie. L’Armée a justement pour mission de protéger les personnes et leurs biens. Le plus précieux étant la vie. L’ordre a été donné. Exécution d’abord, murmures après.

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