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Editorial

Chaos débout

Une semaine d’épouvante autant qu’éprouvante. Voilà ce qu’ont vécue, encore une fois, les dirigeants et les simples citoyens. Les premiers ont été confrontés à la gestion délicate du syndrome du professeur Ahmad Ahmad, ministre de la Santé publique. Estimant que la lutte contre le coronavirus sera encore longue et compliquée, celui-ci a pris l’initiative de lancer un appel à l’aide aux partenaires techniques et financiers, aux organismes internationaux, aux pays amis et aux âmes de bonne volonté pour soutenir Madagascar.

Il a élaboré une liste détaillée des besoins en équipements pour le personnel soignant, et pour les patients, des soins curatifs. Ahmad Ahmad, alors parfois relégué au second plan par des collègues du gouvernement plus médiatiques que lui, a eu une occasion de se mettre en valeur. Car son vibrant appel a créé le buzz sur les réseaux sociaux. Son initiative a été saluée par les principaux concernés, les soignants et des activistes de la toile, comme un acte de courage mettant en évidence les réalités, sans anesthésie.

Par contre, par un communiqué du gouvernement, sa démarche a été qualifiée d’unilatérale, car sans l’aval de ses supérieurs hiérarchiques. Avec en prime, une précision des plus agressives selon laquelle, tout cela atteste que le ministre de la Santé publique ne maîtrise plus le fonctionnement des départements sous sa tutelle.

Quiconque ait été l’auteur(e) de cette missive, le gouvernement dans son ensemble ou son porte-parole, la ministre de la Communication et de la culture, Lalatiana Rakotondrazafy Andriatongarivo, le linge sale entre les lignes, étalé en public, confirme, plus que jamais, les divergences profondes au sein de l’Exécutif, au sens large, sur la manière de mener la guerre contre le coronavirus.

Certains ministres et mêmes leurs subordonnés directs, par exemple, n’ont jamais participé aux actions gouvernementales dans la capitale pour la promotion de la tisane CVO et la distribution des cache-bouches dans les fokontany. Pour revenir à cette sortie «cavalière » d’Ahmad Ahmad, l’intervention moins tranchée, de Rinah Rakotomanga, directrice de la Communication à la présidence de la République, sur le plateau d’une chaîne de télévision « rivale » a consolidé les thèses des différends et des animosités opposant les deux « égéries de la com » du régime.

La presse internationale, surtout des médias français, s’en donnaient à cœur joie. Remettant en cause, une énième fois l’efficacité curative du CVO, et relevant avec délectation les difficultés rencontrées par les stratégies adoptées par les autorités à repousser l’assaut de la Covid-19.

Traumatisés par cette tendance, les officiels français ont classé Madagascar parmi les seize pays à risque. Les données statistiques liées au coronavirus, le nombre officiel des décès, pour illustration, n’est pas aussi catastrophique que ceux d’autres pays. Mais Madagascar a été visé par la sanction française.

Ceci étant, au huitième round du combat contre l’ennemi invisible, beaucoup risquent de jeter les gants. Ou remettre leurs blouses. Suivez mon regard.

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