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Tanà-Masoandro – Plus de questions que de réponses

Le Président Gérard Andriamanohisoa a défendu le projet phare de l’Initiative pour l’Emergence de Madagascar.

Les travaux de viabilisation de Tanà-Masoandro pour cette année sont annoncés, l’équipe menée par Gérard Andriamanohisoa s’attèle à faire connaitre le projet.

Du rêve à la réalité. À la question « trouvez-vous que le projet Tanà-Masoandro est réalisable ? », les étudiants de l’Université d’Antana­narivo venus en nombre à la conférence-débat organisée conjointement par l’équipe du projet et le Cercle de réflexion des économistes de Madagascar ont répondu par un «non» mi-taquin, mi-incrédule. C’est le conseiller spécial du Président Gérard Andriamanohisoa, épaulé par le chargé de mission auprès de la Présidence, Solo Andriamanampisoa, qui a défendu le projet phare de l’Initiative pour l’Emergence de Madagascar. L’ancien directeur général de l’aménagement du territoire a apporté les explications techniques sur l’emplacement du site. Mais c’est le financement du projet qui a le plus capté l’attention de l’assistance, un projet dont le coût total est évalué à 650 millions à un milliard de dollars.

Solo Andriamanampisoa a expliqué que la concrétisation de Tanà-Masoandro se fera grâce au système 3P, partenariat public-privé. «Nous avons déjà la loi qui régit ce type de partenariat. Notre rôle est de trouver les investisseurs intéressés», a-t-il indiqué en marge de la conférence en soulignant, toutefois, que des modifications devront être apportées à ce cadre légal, les expériences depuis son application en 2015 ayant montré certaines failles. Dans ce sens, Gérard Andriama­nohisoa a indiqué que vingt-et-un investisseurs seraient déjà intéressés pour participer au projet. Il a, néanmoins, précisé que ces derniers et les autres qui vont venir, devront se plier au cahier des charges déjà établi suivant la vision initiale.

Ville mixte
Par ailleurs, il a précisé que le projet se fera par phase. Solo Andria­ma­nampisoa a indiqué que la première phase de 300 hectares devrait coûter 250 mil­lions de dollars et se fera durant les deux prochaines années. Les premiers travaux de viabilisation sont en cours de préparation et devront démarrer, cette année, sur investissements directs de l’État, l’appel d’offres au remblai de la première plateforme de 100 hectares devant être publié dans les prochains jours. «Ce n’est plus un rêve, c’est une réalité», a insisté Solo Andria­ma­nampisoa.

Au-delà de la question du réalisme du projet vient celle de sa pertinence. À l’instar des pays émergents et surtout d’Afrique, Madagascar entend donc avoir sa (ses) nouvelle(s) ville(s). Un numéro du magazine Jeune Afrique a cependant décrit un bilan en demi-teinte, des villes nouvelles africaines démarrées au début du XXIe siècle du Maghreb au Cameroun. Libération est allé plus loin en titrant «Ville nouvelle : l’échec des titans» sur le même thème. À cette question, l’ancien doyen de la Faculté DEGS, l’économiste David Rakoto a indiqué que le fait que Tanà-Masoandro soit une ville mixte alliant zone commerciale, zone industrielle et zone administrative est un motif d’espoir.

 

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