Com...ateux


Pour longtemps encore, Madagascar restera marié à  Pierre de Frédy, baron de Coubertin, le fondateur des Jeux olympiques modernes et du Comité olympique international. 120 ans après les premiers J.O d'Athènes et où le sport est devenu un véritable phénomène socio-économique, avec une course effrénée aux médailles et aux records, suivant la devise olympique « Citius, Altius, Fortius », Madagascar est resté fidèle au principe de Pierre de Coubertin. « L'important dans la vie n'est point le triomphe mais le combat, l'essentiel n'est pas d'avoir vaincu, mais de s’être battu ». Autrement formulée cette fameuse déclaration a été simplifiée et abrégée en « l'essentiel c'est de participer ». Depuis 1964 à Tokyo, Madagascar est présent aux J.O, sauf à Montréal en 1976 pour cause de boycott contre la participation de l'Afrique du Sud de Ian Smith et Vorster, en 1984 à Los Angeles pour cause de solidarité avec l'URSS dont les J.O 1980 à Moscou avaient été boycottés par les États-Unis et ses alliés, en 1988 à Séoul pour cause de solidarité avec la Corée du Nord. La participation malgache est régulière depuis les J.O de Barcelone en 1992 avec la réactiva­tion du Comité olympique malgache par Roger Henri après 17 ans d'éclipse due à la révolution socialiste de Ratsiraka qui désignait tous les membres, contrairement à la charte olympique. Madagascar sera encore présent à Rio de Janeiro au Brésil pour les J.O 2016 du 5 au 21 août  avec une délégation de vingt personnes dont six athlètes. Soit l'une des plus petites délégations des J.O et de toutes les participations malgaches mais surtout la moins performante. Avec six athlètes, dont trois invités, il faut avouer qu'il n'y a rien à attendre de cette participation. Elle illustre la dégringolade du sport avec les autres domaines depuis 2009. Si le pays est à l'agonie, le sport est com...ateux. Le nombre d'athlètes qui ont obtenu leur qualification a diminué depuis les J.O de Beijing en 2008 puis ceux de Londres en 2012. Il y a fort à parier qu'il n'y en aura plus aucun d'ici quatre ans. Ce qui est tout à fait logique quand le sport reste un domaine accessoire du gouvernement avec un ministre « bouche-trou » et un comité olympique objet d'une mise en demeure par le CIO pour mauvaise gestion et mais qui continue fonctionner sans la moindre transparence. La délégation est d'ailleurs à l'image de ce folklore avec quatorze officiels pour six athlètes et un chef de mission issu d'une discipline non olympique et collective-alors qu'il n'y a que des judokas, des athlètes et des nageurs dans la délégation. Allez trouver une explication autre que le copinage, berceau de la médiocrité et de voyage touristique. Il est complètement inutile d'aller à Rio si l'ambition reste au niveau des Jeux de la CJSOI placés en haute estime par le pouvoir,  visiblement pour des raisons politiques en vue d'un clin d'œil aux jeunes et dont on fait tout un ramdam comme s'il s'agissait d'une coupe du monde. Une méconnaissance énorme de la hiérarchie et de l'importance des compétitions. Ce n'est en tout cas pas de cette façon qu'on peut espérer rêver de la performance de Jean Louis Ravelomanantsoa, finaliste du 100 m aux J.O de Mexico en 1968, ou de Nicole Ramalalanirina, finaliste du 100 m haies aux J.O de Sydney en 2000,  ou de produire de nouveaux Augustin Andriamiharinosy, Dally Randriantefy, Rosa Rakotozafy, Toussaint Rabenala, Joseph Berlioz Andriamihaja, Bako et Vola Ratsifandrihamanana . Il est rageant de voir que, même en sport, Maurice est passée devant nous depuis les J.0 de Londres où un boxeur mauricien a obtenu une médaille de bronze. On restera à jamais un géant aux pieds des îles. Par Sylvain Ranjalahy
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