Régions

Fête de l’indépendance – Ambiance revêche à Toliara

La vie a suivi son train-train quotidien, hier, 26 juin à Toliara.

Entre l’état d’urgence sanitaire et la célébration de la fête nationale, la ville de Toliara n’a pas eu tellement de choix.

Morose. La pluie a été au rendez-vous hier, de la matinée jusqu’au milieu de la journée. Vu que le défilé habituel n’a pu se faire sur la grande avenue, en raison du risque de propagation de la maladie de Covid-19, la foule n’a pas eu trop d’alternatives pour célébrer la 60ème année d’indépendance du pays. Le 25 juin au soir et hier soir, les familles ont eu le choix entre sortir prendre l’air du côté du Jardin de la mer où des activités ludiques sont destinées surtout aux enfants, soit prendre part aux grillades proposées un peu partout dans la ville, soit rester chez elles. Des ménages ne l’ont pas célébré tout simplement, faute de moyens en cette période de crise.

Les pétards sont interdits de vente et d’utilisation et la police a été aperçue faire la chasse à l’homme avec les vendeurs et les acheteurs de ces produits de fête du côté du marché populaire de Scama. Au milieu de tout ce mouvement, les mesures sanitaires sont peu respectées dans les marchés, au Jardin de la mer, dans les bars. Toliara enregistre encore, pourtant, cinq cas confirmés porteurs du virus.

Oppression latente

Une vingtaine de cas contacts sont confinés soit à domicile, soit dans les centres d’isolement. Des passagers « indiqués » par des habitants en provenance d’Ambatovy, jeudi dernier, ont été appréhendés du côté du quartier de Champ-defoire pour se faire dépister par le personnel médical. Sept-mille autres passagers ont été enregistrés au niveau des barrages sanitaires rien que dans la journée de jeudi dernier. La circulation des passagers entre les districts n’étant pas interdite dans la région Atsimo Andrefana. La population, qui au début, manifestait une peur bleue des forces de l’ordre en cas de cache-bouche non porté, ne fait plus trop attention. Au début de la période du port de masque obligatoire, il y a trois semaines de cela, des tireurs de pousse-pousse sans cache-bouche, racontent qu’ils ont été ramenés par les forces de l’ordre à Andatabo, à 19 km de Toliara ou encore plus loin à Ankiliberengy à 30km, et se sont débrouillés pour revenir à pieds à Toliara. D’autres se sont faits embarquer aux postes de police. Une école privée a été sanctionnée sévèrement par les autorités car a ouvert ses classes intermédiaires. « Je constate que le port de masque est déjà devenu une habitude même si nombreux ne le portent pas correctement. C’est la distanciation sociale dans les lieux publics qui pose problème » fait remarquer Radanielina, un vendeur de cache-bouche de Morafeno, qui dit en écouler une cinquantaine par jour.