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éboulement de rocher – Des vies mises en péril à Ambanin’Ampamarinana

Les habitants d’Ambanin’Ampamarinana sont revenus pour rejoindre leurs foyers.

Le quartier défini comme zone inhabitable sur la colline de Manjakamiadana est, de nouveau, habité. Le danger d’éboulement de rocher continue à planer.

Des fenêtres ouvertes, des linges exposés au soleil, des drapeaux, ce sont les signes qui montrent que des personnes vivent dans les maisons qui se trouvent à Ambanin’Ampamarinana, dans le quartier où plus de dix personnes ont péri, englouties par des blocs de rocher au début de l’année 2018, puis 2019. Après la dernière catastrophe, une vingtaine de familles qui ont occupé la zone classée « inhabitable» ont été contraintes de quitter leurs maisons. « Cela fait, environ, quinze jours que ces gens sont revenus. Il n’y a eu aucune instruction quant à leur retour. Mais nous ne sommes pas en mesure de les empêcher de ne pas retourner chez eux. Nous avons essayé, mais ils nous blâment. C’est difficile car certains d’entre eux sont là depuis des dizaines d’année », lance Jean Claude Raharison, président du fokontany à Ambanin’ Ampa­marinana, hier.

La vie reprend son cours normal dans ce quartier. Ils sont plutôt « confiants ». «Maintenant que les végétaux qui poussaient sur les rochers ont été enlevés, nous pouvons revenir ici, tranquilles, ils ont été la source des accidents. Nous pensons que le danger est éliminé. Nous avons tous vu que même après les détonations successives qui ont eu lieu durant cette fête de l’indépendance, aucun rocher ne s’est effondré. Donc nous sommes revenus, d’ailleurs, nous ne pouvons pas abandonner nos biens», indique Damien Rahaingoson, propriétaire d’une des maisons à Ambanin’Ampamarinana.

Treize points
Pour les techniciens, ces gens mettent leur vie en péril. Le Bureau national de la gestion des risques et catastrophes (BNGRC) affirme que la menace d’effondrement de bloc de rochers plane toujours sur le versant Ouest de la colline de Manjakamiadana. «Nous avons répertorié dix sept points. Quatre ont été déjà neutralisés, il reste, donc, treize. Etant donné que le terrain est accidenté, le risque que ces blocs atterrissent sur des maisons, lorsqu’ils s’effondrent, est
élevé », indique Dr Lalah Andriamirado, technicien auprès du BNGRC.

Ces treize points se trouveraient entre Tsarafaritra et Tsimialonjafy. Des fissures sont constatées sur les rochers de ce versant Ouest. L’étude de faisabilité de leur démolition se ferait d’ici peu. Un comité « Vato Be » aurait, également, vue le jour, « pour identifier les actions à prendre pour éviter que d’autres accidents mortels ne se reproduisent à la prochaine saison d’été ».

Plusieurs dizaines de familles ont dû quitter leurs foyers après les accidents de 2018 et 2019, on leur a fortement recommandé d’abandonner leurs maisons ; l’État ayant promis un plan de recasement pour les sinistrés. Cependant, le site d’hébergement proposé, les box du village Voara à Andoha­tapenaka, a été refusé. Et le projet de mettre à leur disposition des terrains domaniaux n’a pas vu le jour.