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Enseignement supérieur – Le corps professoral décimé

L’université  est  en  deuil.

Le nombre d’enseignants à l’enseignement supérieur diminue. Le manque d’effectif mettra en péril les formations et la qualité d’enseignement.

Les universités perdent des piliers. Une quarantaine d’enseignants-chercheurs est décédée en cette deuxième vague de l’épidémie à coronavirus, comme le rapporte le président du bureau national du syndicat des enseignants-chercheurs et chercheurs-enseignants de l’enseignement supérieur (SECES), le Dr Faliarivony Randriamialinoro, hier. « Je ne suis pas en mesure d’affirmer si c’est la maladie à coronavirus qui les a emportées. Mais en tout cas, c’est une grande perte pour l’enseignement supérieur. Une perte de capital humain et une perte de capital intellectuel, à la fois », s’exprime-t-il.

Le ratio professeurs/étudiants se creuse avec ces disparitions. La norme est de trente étudiants par enseignant, selon l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), alors qu’à Madagascar, il est de près de soixante étudiants par enseignant. L’effectif d’enseignants diminue chaque année. En l’année universitaire, 2019- 2020, une centaine d’enseignants est partie en retraite, selon le Seces. Ce sous-effectif augmente avec la crise sanitaire. L’université de Toliara qui se trouvait déjà avec un faible nombre d’enseignants, a perdu six professeurs, entre autres.

Inquiétudes

La qualité d’enseignement est en péril. Le Dr Faliarivony Randriamialinoro s’inquiète pour les relèves. « Près de 35% des enseignants décédés sont des professeurs. On ne pourra pas les remplacer du jour au lendemain. Bien sûr, on s’organisera pour les remplacer physiquement, d’ailleurs, ils ont préparé leurs relèves. Mais la capacité ne sera pas les mêmes. Il faudra plusieurs années de travail et de recherche pour devenir professeur », regrette ce président du Seces national. « Le décès des professeurs titulaires est problématique pour la formation des relèves. Ils sont les seuls habilités à agréer les thèses des doctorants », indique le professeur Panja Ramanoelina, ancien président de l’université d’Antananarivo.

Le Seces réclame le recrutement afin de combler le gab. « Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique est en phase avec le Seces. Nous sommes conscients de ce ratio. Nous avons négocié pour avoir mille deux cent cinquante postes budgétaires pour les trois années à venir», explique Andry Rasoanaivo, directeur de la Statistique, de la planification et du suivi, auprès du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

Andry Rasoanaivo souligne que le ministère a sa politique. « 50% du personnel enseignant des universités est déjà composé d’assistants d’enseignement supérieur. Nous allons plutôt nous pencher sur les docteurs, dans le recrutement », rajoute-t-il avant de préciser : « Ce ne sont pas tous ceux qui ont fait leur thèse qui pourront être recrutés. Les recrutements doivent répondre à certains normes et standards, pour un enseignement de qualité. Les disciplines orphelines et les besoins pour les formations émergentes seront priorisés ».

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