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Séance de question-réponses – Des flèches sporadiques contre le gouvernement

L’organisation  de  la  séance  ne  lui  permettant  pas  de  répliquer,  le  Premier  ministre a  passé  près  de  12  heures  à  noter  les  doléances  et  remarques  des  députés,  hier.

Dans l’ensemble, le gouvernement a été ménagé par les députés, hier. L’équipe Ntsay a toutefois été parfois chahutée par certains élus.

Mi-figue, mi-raisin. Une fois de plus, la séance de questions des députés et réponses du gouvernement, s’est muée en un interminable monologue des membres de l’Assemblée nationale.

Bien qu’ils aient déménagé du palais de Tsimbazaza, pour le Centre de conférence internationale (CCI), à Ivato, certaines habitudes ont, visiblement, la peau dure chez les députés. A partir de 11 heures, jusqu’au bout de la nuit, les élus de la Chambre basse ont assommé de doléances les membres du gouvernement. Le décor voulu par certains, dont le député Jean Eugène Voninahitsy, entre autres, laissait penser pourtant, qu’ils allaient en découdre.

L’élu de Maintirano a requis que Christian Ntsay, Premier ministre, et son équipe soient placés en face des députés. Ces derniers ont eu droit à un temps de parole de cinq minutes chacun, au motif d’avoir assez de temps pour dire ce qu’ils avaient à dire. Seulement, il a été souligné que le gouvernement n’avait de droit de réplique que lorsque les cent élus présents auront pris la parole.

Des élus ont, toutefois, détonné en quémandages et autres flagorneries. Le premier à décocher ses flèches a été le député Roland Ratsiraka. Face à la propagation de l’épidémie à Toamasina, l’élu de ce district fustige la gestion de la crise sanitaire sur place. Il peste, notamment, contre la gestion de la communication de crise par la ministre de la Communication qui selon lui, « consiste à imputer la responsabilité aux habitants de Toama­sina, alors que le virus s’est propagé à partir d’Antana­narivo ».

Fracassante

L’intervention du député Lucien Rakotomalala a, également, été particulièrement virulente. Président de la commission de levée de l’immunité parlementaire, l’élu de Morombe a chargé frontalement le Secrétaire d’Etat à la gendarmerie nationale. Selon lui, le membre du gouvernement et les bérets noirs « ne respectent pas l’immunité parlementaire ». Il lance ainsi, « nous ne sommes pas tous des saints. S’il y a des dahalo parmi nous, nous prendrons nos responsabilités. Jusqu’alors, il n’y en a pas. Aussi, respectez la procédure légale ».

L’intervention du député Jean Martin Randriana­toavimanana, a également, été fracassante. « Contrairement à mes pairs, je ne peux pas vous remercier », lance l’élu de Vohibato à l’endroit de l’Exécutif. Il reproche à l’équipe gouvernementale d’oublier sa circonscription. « Concrétisez les propos présidentiels, selon lesquels, plus aucun district ne sera oublié par le développement », fulmine-t-il.

Plusieurs sujets d’actualité ont été occultés ou effleurés durant le face-à-face députés-gouvernement d’hier. Les députés Narson Rafidi­manana et Fidèle Razarapiera ont, néanmoins, requis des explications sur l’usage des 444 millions de dollars venant des bailleurs internationaux. L’élu d’Ambatondrazaka a aussi mis sur la table la question de la réhabilitation du Rova d’Antananarivo. Le député Richard Fienena, lui, a demandé à ce que le gouvernement expose le plan de mitigation qui se chuchote en coulisses.

Dans l’ensemble, les députés ont tout de même soulevé des problèmes locaux, communs à la majorité des districts, de prime abord. C’est le cas des insuffisances en matière d’éducation et de santé, ainsi que l’insécurité chronique et la dégradation des infrastructures routières.

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