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Injection contre le coronavirus – Coup d’envoi des essais cliniques

Andry Rajoelina a visité les locaux aménagés pour accueillir les malades, hier à Toamasina.

À Toamasina, le président de la République annonce le début des essais cliniques pour le troisième protocole de traitement du covid-19. Il s’agit de la solution injectable discutée avec l’OMS.

Un mois. À s’en tenir aux explications présidentielles, c’est le délai que l’État se donne pour évaluer l’efficacité et la tolérance des patients, à un troisième protocole de traitement du coronavirus. Un mois « pour annoncer au monde », si les essais cliniques démarrés hier, sont concluants ou non.

Le coup d’envoi des essais cliniques d’une solution injectable « à base d’artemisia », pour soigner les personnes atteintes de Covid-19, est l’information majeure qui découle de la visite présidentielle, à Toamasina, hier. Le chef de l’État Andry Rajoelina l’a annoncé durant son intervention lors de l’ouverture d’un atelier dans la salle des séances du palais de la ville de la capitale de la région Atsinanana.

La solution injectable constitue donc le troisième protocole de traitement du coronavirus auquel l’État vient de donner son feu vert aux essais cliniques. Des essais qui ont commencé dans les hôpitaux d’Antana­narivo et de Toamasina, depuis hier. Selon le président Andry Rajoelina, cette nouvelle formule à base d’artemisia découle d’une étude conjointe de scientifiques malgaches, américains et des îles voisines de l’océan Indien.

Essais cliniques internationaux

Le président de la Répu­blique n’a pas indiqué le nom qui sera donné à ce traitement injectable contre le Covid-19. Il semble néanmoins qu’il soit dans la lignée du Covid-Organics (Tambavy CVO), également, à base d’artemisia. Le Tambavy CVO est proposé à titre préventif et curatif du coronavirus.

Toutefois, à entendre les propos présidentiels d’hier, la formule injectable est strictement à visée curative. Le but est vraisemblablement de soigner les malades. S’agissant d’un traitement pour soigner le covid-19, l’État parle sans ambages d’essais cliniques. « À Madagascar, nous avons le feu vert pour démarrer les essais cliniques. C’est une étape importante. Lorsque nous aurons fini, nous en ferons part au monde entier », déclare Andry Rajoelina.

Le Président ajoute que, sur le plan, international, la Grande île est en train de finaliser la procédure pour les essais cliniques «à grande échelle », en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Durant une visioconférence entre le Président et le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, la semaine passée, il a été acté que la formule curative du Covid-Organics soit inscrit au «Solidarity Trial ». Il s’agit d’un programme d’essai clinique à dimension internationale.

L’objectif du « Solidarity Trial », est de trouver le plus rapidement possible un traitement efficace pour ralentir ou soigner le coronavirus. Le Tambavy CVO, dans sa version curative, est appliqué comme second protocole de traitement du coro­navirus à Madagascar. Lors de cet entretien avec le boss de l’OMS, Andry Rajoelina a, par ailleurs, proposé que la solution injectable, qui constitue le troisième protocole de traitement, soit également inscrit dans le programme « solidarity Trial ».

En attendant qu’il soit éprouvé à l’échelle internationale, l’État décide donc, d’engager sa formule injectable dans « sa guerre épidémiologique ». Le président de la République, en tout cas, affirme sa confiance en ce troisième protocole de traitement. « Je suis certain que lorsque nous utiliserons cette formule injectable, même les patients qui présentent des formes graves seront complètement rétablis », plaide-t-il.

Accent sur la discipline et l’intransigeance

« Il ne doit plus y avoir de laxisme », assène Andry Rajoelina. Face aux autorités en poste à Toamasina, le président de la République intime l’intransigeance, l’application stricte des mesures sanitaires édictées. Lors d’une précédente visite dans la ville du grand port de l’Est, au début du mois, le chef de l’État a déjà fustigé les errances des responsables locaux. Des failles qui favorisent, en partie, la propagation du covid-19, non seulement dans la ville, mais aussi dans les autres régions du pays.

« Nous soignons les malades, mais la discipline est aussi nécessaire. Nous devons faire preuve d’intransigeance dans l’application des mesures sanitaires », lance le locataire d’Iavoloha. Il souligne la nécessité pour les autorités de Toamasina de changer de stratégie d’action dans la lutte contre l’épidémie. Il a réitéré l’ordre d’interdiction pour les personnes de voyager hors des régions en confinement.«Plus personne ne doit sortir, à part les marchandises, plus aucune autorisation ne doit être émise », soutient le Président.

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  • « ILLUSION PERDUE ! » Le coup de grâce a été donné à l’hydroxychloroquine . On a vu un Professeur Raoult émoussé , dépité et fatigué après les coups de massue émanant de l’arrêt des essais cliniques et de traitement des formes graves du covid 19 avec la chloroquine seule ou associée à un antibiotique . Le mythe est tombé .The LANCET une prestigieuse revue de référence mondiale a conclut en l’INEFFICACITE de cette molécule contre le SARS-COV-2 . Des complications graves cardiaques de l’ordre de 8 % et un taux de décès de 16 % se dégagent dans les conclusions . L’étude a porté sur 96 000 patients dans le monde respectant la méthodologie scientifique rigoureuse par une randomisation rétrospective en double aveugle avec groupe contrôle . L’ OMS a lancé un appel à l’arrêt de tout essai clinique concernant ce traitement . En France le ministère de la santé , le haut conseil de la santé publique et l’agence de Médicament interdisent tout recours à des protocoles de traitement incluant la chloroquine ou l’hydroxychloroquine .Bien de pays ont emboîté le pas pour ne citer que les Etats unis , le royaume uni , les pays nordiques ou Israël.
    La chloroquine et l’Artémisia ont tous deux des vertus thérapeutiques contre le paludisme . La maison de l’Artémisia dans sa fameuse lettre pour le président de la république et d’autres illuminés scientifiques sont partis de ce constat empirique renforcé par le phénomène Professeur Raoult pour arriver à un raccourci facile sur une hypothétique efficacité de l’Artémisia contre le covid 19 .Le rationnel scientifique est piétiné . Les observations cliniques séculaires de l’IMRA d’autant plus que l’Artémisia est une plante endémique à Madagascar ont constitué des rampes de lancement à la promotion du covid organics . On ne s’attardera pas sur les prophéties délirantes de la Brésilienne .S’aventurer à miser sur un CVO « curatif » sans tests cliniques préalables comme le préconisait l’OMS est une faute éthique grave .La non obtention d’une autorisation de mise sur le marché en bonne et due forme enfreint la loi . Qu’on se le dise clairement qu’à ce jour tous les scientifiques s’accordent à dire qu’il n’y a pas de traitement du covid 19 . En connaissance de cause donc on est en droit donc d’être sceptique pour ces essais cliniques de l’Artémisia sous forme injectable contre le covid 19 . Il y a lieu sincèrement à l’orienter sur des perpectives de traitement efficace contre le paludisme qui est un véritable fléau à ne pas méconnaitre .

    • Avant d’insulter certains scientifiques, avec une contradiction flagrante dans sa propre conclusion.. on devrait rationnellement se poser quelques questions préalables sur la virulence des conclusions de l’étude de la revue scientifique évoquée, vérifier les sources de son financement et l’exacte méthodologie ayant abouti aux résultats.. Quant à la précipitation des médias toujours avides de sensationnalisme lucratif, sans laquelle l’étude n’aurait pas eu cet impact, le stratagème de toute une cohorte de rapaces en embuscade a réussi.
      Rappeler finalement que le Pr Raoult n’a jamais prétendu soigner les cas graves mais que ses traitements semblent efficaces au stade précoce de l’infection devrait la remettre en cause, en toute logique. En existe t-il encore une ?

      • L ‘inclusion des 96000 patients répertoriés dans les études du Lancet souligne clairement que le protocole a démarré 48 h après le diagnostic du covid 19 ( DONC NON TARDIF ! ) . Ce qui contredit les critiques sur le stade précoce de la maladie préconisait par Pr Raoult pour le traitement et secundo n’oublions pas que l’institut Hospitalo-universitaire de Marseille bénéficie largement de financements des grands laboratoires pharmaceutique et de recherche pour son fonctionnement . Autrement les théories conspirationistes ne passeront pas même si les sondages d’opinion sont pour l’instant favorables à Professeur Raoult .D’ailleurs ses soutiens repose essentiellement sur l’extrême droite de Marine Le Pen et la France insoumise de Melenchon autrement des « populistes  » . L ’emblématique homme politique 68 arde Daniel COHEN BENDIT a clairement sorti cette métaphore sur un plateau télé  » qu’il ferme sa gueule !  » . Le personnage charismatique Pr Raoult reste par contre un scientifique et un chercheur éminemment reconnu pour ses publications .