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Ambatondrazaka – Le confinement provoque de grosses pertes pour les commerçants

Comme la veille, les rues de la ville d'Ambatondrazaka sont désertes à cause du confinement généralisé.

La protection de tout le monde fait le malheur d’une minorité. Depuis que la région Alaotra-Mangoro fait partie des zones où des cas de coronavirus sont constatés, dans la ville chef-lieu Ambaton­drazaka, les commerçants sont mécontents. La fermeture du marché municipal, des boutiques, des épiceries et des activités de transport urbain à partir de 13 heures est à l’origine de la grogne à cause des pertes dans les activités liées à la vente.

Le Centre opérationnel préfectoral d’Ambatondrazaka qui regroupe les représentants des directions régionales travaillant de concert avec les forces de l’ordre et la commune urbaine, entre dans la mise en application littérale d’un arrêté sorti de la préfecture depuis quelques jours. Ce que les habitants habitués au laisser-aller ont contesté au début. Mais plus l’étau se resserre plus le port de cache-bouche en dehors de chez soi, devient l’une des règles très sévères à respecter dans la ville.

Côté commerçants, une vague de contestation sérieuse tentent le tout pour le tout afin de se faire entendre, derrière les caisses. « Il y a trois mois, je faisais près de 1 500 000 ariary de vente de produits par jour. Mais, depuis l’obligation de fermer les portes à 15 heures, les recettes n’atteignent plus le tiers. C’est le pire depuis la fermeture à partir de 13 heures, même pas le dixième », se lamente une commerçante. D’après ses explications, elle enregistre plus de cinq millions d’ariary de perte durant les quelques jours de confinement « renforcé » dans le district d’Ambatondrazaka.

En faisant un petit calcul, l’on pourrait alors dire des millions d’ariary de perte, en moyenne, si l’on ne tient compte que du nombre de gros commerçants en tous genres. À cela peut s’ajouter la perte enregistrée par les moyens et petits détaillants des ustensiles confondus et de pièces de rechange installés dans les marchés, les centaines de poissonniers, les bouchers, les vendeurs et revendeurs de volailles, les vendeurs de riz et ceux de toutes les céréales et, pourquoi pas, les commerçantes de produits cosmétiques qui déclarent qu’elles souffrent énormément du manque de produits pour « les petits entretiens  », dans la zone. « La vente de rouge-à-lèvre n’est plus une bonne affaire depuis cette histoire de cache-bouche. C’est l’une des raisons qui a entraîné la fermeture de mon pauvre salon », se plaint Felana Nasandratriniaina, coiffeuse.