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Chronique

Un «vote blanc» est un suffrage exprimé

Le «vote blanc», c’est combien de «Non» ? On cite d’emblée l’abstention, mais jamais le «vote blanc». Sinon, pour l’associer aux «bulletins nuls». Et toujours pour l’exclure des «suffrages exprimés».

En matière électorale, comme en bien de choses de notre Droit Constitutionnel depuis la participation d’électeurs malgaches à l’adoption de la Constitution française de 1958, Madagascar a hérité de la pratique française. Et si, depuis une loi février 2014, la France distingue le «vote blanc» du «bulletin nul», ce décompte particulier n’épuise toujours pas la logique qui devrait associer le «vote blanc» aux «suffrages exprimés».

Car, le «vote blanc» est bien une expression, une manifestation de volonté. L’abstention peut justement se motiver par cette indignation à voir le «vote blanc» écarté du total général. Mais, l’abstention peut également s’expliquer par une fourchette de possibilités diverses qui iraient de cette indignation politique à la paresse pure et simple, en passant par l’indifférence à la chose publique.

Tandis que le «vote blanc» est une succession de choix intentionnels et actifs : se mobiliser pour le jour d’élection, se rendre au bureau de vote, choisir sciemment de ne voter pour aucun des candidats (ou des options) en lice. Un vote en toute conscience, non entaché d’erreur (et surtout pas sur la personne), n’est-ce pas un acte juridique ?

Au second tour de l’élection présidentielle en France, il y eut 2.228.044 votes blancs. Soit presque autant que les voix récoltées par Éric Zemmour (2.485.226) au premier tour. La prise en compte du «vote blanc» ne rajoute ni ne soustrait au score d’aucun des candidats. Elle relativise par contre encore davantage le «pourcentage» par rapport au «pays réel».

Votants : 35.096.391

Abstention : 13.656.109

Blanc : 2.228.044

Nul : 790.946

Suffrages exprimés = Votants – Nul = 34.305.445

Président élu : 54,74% (et non 58,54%)

L’intérêt de l’exercice, outre le refus moral d’ignorer plus de deux millions de voix, est qu’il devrait permettre, si le «vote blanc» venait à réunir la majorité absolue, à pouvoir revendiquer l’annulation des élections pour déficit de légitimité. Le «vote blanc» serait un moyen légal formidable pour récuser l’ensemble des protagonistes. Et qui aboutirait, par exemple, à un «grand remplacement» dès le premier tour.

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