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Assemblée nationale – La dissolution du bureau permanent relancée

Des membres du bureau de l’Assemblée Nationale lors d’une séance au CCI Ivato.

Les affaires internes à l’Assemblée nationale vont vraisemblablement animer la première session parlementaire. Cette fois-ci c’est l’avenir du bureau permanent de l’institution qui est en discussion.

L’information est lâchée. Un projet de destitution du bureau permanent de l’Assemblée nationale couve dans les travées de cette institution. Ceux qui sont favorables à ce projet se donnent déjà rendez-vous à la prochaine session ordinaire pour tenter de le concrétiser.

C’est le député Andriasy Philobert Milavonjy, élu à Ambovombe, qui a confirmé l’information, vendredi. Selon ses dires au micro d’une station privée de la capitale, l’initiative de torpiller le bureau permanent de la Chambre basse découlerait “d’une déception et un mécontentement”, vis-à-vis de certains de ses membres. Un point de vue qu’il partage, affirme-t-il. Le but serait surtout une recomposition partielle de l’équipe au perchoir.

À entendre l’élu d’Ambovombe qui est président du Groupe parlementaire uni pour la République (GPR), Christine Razanamahasoa, présidente de l’Assemblée nationale sera maintenue en place. Concernant la possibilité de cette équation, il argue, “l’élection de la présidente de l’Assemblée nationale et des autres membres du bureau permanent sont des scrutins différents. Donc on peut préserver la présidente tout en procédant au changement des autres membres”.

C’est la faisabilité des intentions de ceux qui veulent recomposer le bureau permanent de la Chambre basse, sans toucher à sa présidente, qui porte la première intrigue. Les textes sont peu précis sur le sujet. À son alinéa 2, l’article 74 de la Constitution prévoit que les membres de l’équipe au perchoir de l’institution de Tsimbazaza, “peuvent être démis de leurs fonctions respectives de membres du bureau pour motif grave par un vote secret des deux tiers des députés”. Une formule reprise, aux mots près, dans le règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

Opportunité politique

En 2020, des problèmes budgétaires rencontrés par la Chambre basse, qui ont impacté les indemnités des députés et de leurs collaborateurs, ont été une des raisons des intentions de destituer le bureau permanent. S’y est ajouté, également, le contexte politique au sein de l’institution. L’alliance entre la majorité qu’est le groupe “Isika rehetra miaraka amin’i Andry Rajoelina” (IRD), s’est formalisée. Le cas du député Brunelle Razafintsiandraofa, vice président de l’Assemblée nationale, pour la province de Fianarantsoa, était déjà en question également.

Bien qu’il ait récidivé dans ses propos incendiaires contre les priorités du programme étatique, l’élu d’Ikongo est, toutefois, rentré dans les rangs. Depuis quelque temps, le cas du député Jean Jacques Rabenirina, vice-président de la Chambre basse, pour la province de Toliara, est en discussion. S’étant rapproché du député Siteny Randrianasoloniaiko, à qui l’on prête des ambitions présidentielles, le député de Betioky Atsimo a pris ses distances avec le pouvoir.

Le député de Betioky est le seul élu des districts traversés par la Route nationale numéro 10 (RN10), absent de la cérémonie à Iavoloha, où le président de la République a annoncé l’acquisition des fonds pour réhabiliter cet axe. Jean Jacques Rabenirina est, toutefois, un des ténors du “Asa vita no ifampitsarana” (AVI), membre de la coalition présidentielle. Le retour au premier plan de ce parti politique au sein de l’Exécutif devrait toutefois le préserver d’une éviction de son siège au perchoir de l’Assemblée nationale. En 2020, cependant, aucun député contacté n’avait osé confirmer ouvertement l’existence d’une intention de destituer le bureau permanent de l’Institution de Tsimbazaza. Cette fois-ci, c’est le cas, avec un plan d’action. Ce qui pourrait indiquer que le passage à l’acte pourrait être imminent. De prime abord, le souhait d’une recomposition du bureau permanent de l’Assemblée nationale émane surtout du GPR.

Pour l’heure, le GPR dispose d’un siège de rapporteur général au perchoir et en veut plus. Le quatrième groupe parlementaire en gestation pourrait aussi vouloir son siège au perchoir de l’institution de Tsimbazaza.

Toute démarche à l’Assemblée nationale ne pourra aboutir qu’à condition d’être soutenue par la mastodonte IRD. Les Oranges martèlent pourtant leur vocation à être les garants de la stabilité institutionnelle et politique. Verdict durant la session qui démarrera le 3 mai.

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