Accueil » Editorial » Vol plané
Editorial

Vol plané

Un vol de trop. Il n’y a pas mieux pour semer la psychose au sein de la population à un moment où le moral est dans les chaussettes. Le ministre des Transports et du tourisme a beau rassurer l’opinion quant aux mesures prises contre les passagers de ce vol d’Air France, l’opinion a encore en tête que les premiers cas de coronavirus introduits à Madagascar ont été découverts sur les passagers à bord des derniers vols de mars 2020 avant la fermeture des frontières. Difficile donc de trouver des arguments convaincants pour faire passer la pilule étant donné que tout le monde boit la tasse avec le variant sud-africain et personne n’ose imaginer le spectre du virus brésilien ou du virus double mutant indien.

Il aurait fallu tout simplement indiquer dans la décision du conseil des ministres que les frontières allaient être fermées à partir du 1er mai pour éviter tout ce tintamarre. Qui trop embrasse mal étreint. Les décisions semblent être prises à la vite selon l’humeur des réseaux sociaux sans penser aux conditions qui entourent le sujet.

Il en va de même concernant le confinement où le transport, la boucherie, la boulangerie, les fruits et légumes ne sont pas considérés comme des services et produits essentiels. Du coup le confinement est devenu supplice pour la plupart des gens qui n’ont pas les moyens pour stocker de la nourriture, de réfrigérateur pour conserver les aliments, d’économie pour rester deux jours sans tirer une charrette.

Tout le monde ne vit pas dans une situation de confort et s’accommoder des privations du confinement. Pire, dans une période où la mort n’a jamais été aussi présente au quotidien, les agences de pompes funèbres, les vendeurs de linceuls et de sac mortuaires, le transport étaient fermés. Il faudra donc dire aux candidats au fasan’ny firaisam-po de ne pas mourir les 1er et 2 mai pour ne pas compliquer la tâche des derniers vivants. Déjà les morts sont enterrés là où ils meurent mais qu’ils partent nus sans linceuls c’est culturellement inadmissible. Un point crucial que les penseurs du confinement ont complètement occulté. Il n’y a pas que les médicaments comme produits essentiels.

L’apaisement se traduit surtout dans le soutien apporté à la population confrontée à la maladie et au deuil, aux difficultés de l’existence, à l’angoisse de voir ses proches disparaître un à un et non dans le durcissement des mesures prises et surtout dans leur application. Tant pis pour ceux qui sont rétifs aux mesures barrières, ils méritent la potence par contre les forces de l’ordre doivent faciliter la tâche des gens qui soignent des malades et qui doivent faire des allées et venues dans les centres de traitement à l’heure du confinement. Quand c’est justifié, il faut un minimum de compréhension au lieu d’une rigidité digne d’un soldat de défilé militaire. Il est vrai que certains confondent état d’urgence sanitaire avec loi martiale. Du coup on fait un vol plané dont les conséquences peuvent être graves.

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter