Editorial

Virus du schisme

Des blessures à panser. La douloureuse gestion de l’actuelle crise sanitaire a, semble-t-il, ouvert des plaies mal cicatrisées. Suivant un diagnostic à vue d’œil. Ainsi, des membres du gouvernement ont brillé par leur absence sur le terrain durant la première semaine de la distribution des caches-bouches et de l’intense campagne de sensibilisation sur les bienfaits de la tisane CVO pour la santé publique, présentée comme l’antidote efficace à étouffer le coronavirus avant qu’il ne vous asphyxie.

Parmi ces « mauvais élèves », car le devoir en question a été donné par le président de la république Andry Rajoelina, la posture du ministre de l’Aménagement du territoire et des travaux publics, Hajo Andrianainarivelo, par son statut ou stature politique, suscite des interrogations. Sa formation politique, le Malagasy Miara-Mainga, MMM, a pu élire des députés et des maires, lors des dernières législatives. Elle est considérée, à tort ou à raison, comme un des piliers du régime en place.

N’a-t-il pas encore digéré les effets secondaires du dernier remaniement du gouvernement pour manifester une telle indifférence envers une lutte commune ? Lors de cette réorganisation, se voulant être plus technique que politique, Hajo Andrianainarivelo a été dépouillé de deux importants portefeuilles. Ceux des Habitats et des nouvelles villes, confiés ou « confinés » au vice-ministre Angelo Zasy, un des ces jeunes protégés du Président de la république Andry Rajoelina. Il a été chargé de missions à la présidence, une incubation pour des compétences insoupçonnées, avant cette promotion.

En outre, le MMM a perdu le ministère de l’Éducation nationale, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle. Désormais entre les mains de Rijasoa Josoa Andriamanana, au CV bien plus impressionnant et d’une densité au-dessus de la moyenne que celui de sa « victime », Marie-Thérèse Volahaingo. Dépitée par la tournure des événements, la députée a tenu des propos vindicatifs, à la limite de la décence, lors de la traditionnelle cérémonie de passation de services, censée être amicale et cordiale. Elle a été parmi les plus assidus parmi les « 73 députés pour le changement » avec leur manœuvre de sape qui a fini par démolir la forteresse du HVM.

L’exception Hajo Andrianainarivelo n’est pas un cas isolé. Des députés de l’IRD de la capitale n’ont manifesté le moindre intérêt pour ce mouvement d’ensemble. Sans pour autant faire bande à part. Mais la menace de scission au sein du bloc présidentiel serait une éventualité à ne pas écarter. Le virus du schisme est passé par là.

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