Conjoncture - La situation politique menace le tourisme


Les activités touristiques risquent de sombrer si la conjoncture actuelle s’aggrave. Les opérateurs lancent un cri d’alarme. Ternie, l’image de la destination Madagascar risque, une fois de plus, de revivre une période de soudure. À peine sur pied après le passage de l’épidémie de peste de l’année dernière, les principaux acteurs du secteur touristique déplorent déjà les éventuels impacts d’une crise politique en devenir. Les annulations sont déjà à prévoir pour les agences de voyage et les infrastructures d’accueil du pays. «C’est évident que cela impactera rapidement sur les opinions des touristes par rapport à l’image du pays. Une crise, pour eux, signifiera impérativement l’instabilité ainsi que l’insécurité. D’ailleurs, un de nos partenaires a dû quitter le pays plus tôt que prévu, rien qu’à la vue de la situation actuelle», souligne Falihery Ramakavelo, Directeur de l’école de tourisme Vatel et Président du consortium des organismes nationaux de formations en tourisme et hôtellerie (CONFORTH). Avec un taux d’annulation de plus de 35% au mois d’octobre pour cause de peste, il est fort probable que le secteur puisse subir la même ou la pire baisse de régime si les conjonctures politiques tardent à s’améliorer alors même que la nouvelle saison rush est en passe de commencer. Impact d’envergure Avec une épidémie, c’est surtout le tourisme international qui est freiné. Dans ce contexte, les chiffres d’affaire du secteur sont partiellement comblés par le tourisme national. « Cepen­dant, dans le cas d’une crise politique avérée à l’image de 2009 ou de 2002, tant le tourisme international que national seront impactés dans la mesure où l’instabilité gagnera rapidement le secteur du transport. Plus rien ne fonctionnera, avion, route sans compter les cambriolages qui ne rassureront point les touristes », déplore le président du CONFORTH. Ainsi, avec les efforts accomplis depuis peu pour relancer la destination, notamment par rapport au prochain salon international, la promotion de la destination à travers les initiatives comme le rebranding « Madagascar île au trésor », ou encore «I love Madagascar» risquent d’être anéantis. Le secteur n’a aucun intérêt économique à ce que les décisions politiques impactent négativement sur son développement en cours. Harilalaina Rakotobe
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