MACRO –ÉCONOMIE - La matrice fiscale à remodeler


Une tangente de l’économie nationale. La faiblesse du taux de pression fiscale de Madagascar, rapporté au Produit intérieur brut, PIB. Selon une étude approfondie de Apex Consulting, sur financement de la Banque africaine de développement, BAD, présentée au Centell d’Antanimena, « à 11,2%, le taux de pression fiscale de Madagascar est bien inférieur à celui de la moyenne africaine autour des 20%. Malgré une fiscalité de droit commun vue comme étant l’une des meilleures du continent africain, le pays peine à générer des recettes fiscales nécessaires à son développement. Une des raisons de cette contre-performance est l’importante quantité de dérogations fiscales ou dépenses fiscales que les pouvoirs publics ont accordées au fil du temps, sans processus systématique d’adoption, ni d’évaluation préalable obligatoire. En 2019, les dépenses fiscales comptaient 579 mesures qui coûtaient au trésor public pas moins de 1 500 milliards d’ariary, soit 25% de ses recettes fiscales ou 2,9% de son PIB » énonce en préambule l’étude. Des constats repris par Adam Amoumoun, représen­tant pays de la BAD, devant Rindra Hasimbelo Rabarini­rinarison, ministre de l’Économie et des finances, Mokthar Benlamine, représentant résident du Fonds monétaire international, FMI, et Germain, directeur général des impôts. « C’est pour remédier à ces différentes lacunes que sert une telle étude avec ses recommandations » tenait à souligner Adam Amoumoun. Rindra Hasimbelo Rabari­nirinarison a rappelé les visées de la loi de finances pour cette année. 4 786 milliards d’ariary de recettes fiscales et 4 236 milliards d’ariary attendus de la douane. Tout en reconnaissant le caractère délicat du sujet du jour. L’étude a été concentrée sur trois secteurs. Les mines, les forêts et pêches. Les vraies richesses Dans ses longues explications, Martin Houle, un des membres de l’équipe d’Apex consulting ayant bouclé ce dossier, a mis en doute l’efficacité des subventions des prix du carburant. Citant une autre analyse pointue du FMI « sur les 1 100 milliards d’ariary alloués par l’État afin de stabiliser les prix du carburant, 43% vont aux 20% les plus riches parmi les consommateurs, et 7% profitent aux plus pauvres. Si l’intention a été de ménager ceux-ci, l’option choisie n’a pas eu l’effet escompté » a-t-il remarqué. Pour lui, « les vraies richesses de Madagascar sont les Mal­gaches eux-mêmes. La Corée n’a pas de pétrole mais elle a un PIB per capita de 36 000 dollars. Loin des pays ayant de l’or noir ».
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