Economie

Énergie – Le bois de chauffe se raréfie sur le marché

La recherche de bois de chauffe en sac se substitue à l’achat en vrac de charbon jusque-là adopté comme habitude.

Les foyers dépendant du charbon de bois pour la cuisson éprouvent de la difficulté à se procurer ce type de source d’énergie. « On n’a plus de stocks car on revend quelques sacs de charbon achetés séparément chez un autre vendeur de charbon. La marge bénéficiaire n’est pas palpable car pour un achat, nous prenons cinq sacs avec une réduction de 7 500 ariary par sacs. On ne peut pas faire autrement car nos fournisseurs rencon­trent des problèmes au niveau des routes nationales aux entrées de la capitale. Nos approvisionnements hebdomadaires nous viennent de quelques localités sur la RN4 et la RN2. Ils fournissent normalement une centaine de sacs au minimum mais ils ne peuvent pas venir », affirme une vendeuse de charbon à Faravohitra. Selon toujours elle, « la demande ne croît, ni ne régresse, étant donné l’existence d’énergies alternatives. Celles-ci sont justement rationnées sur le marché comme le gaz d’après mes clients, ce qui les poussent à se ruer vers le bois de chauffe ». En moyenne, dans tous les quartiers de la capitale, un sac de bois de chauffe se vend à 25 000 Ariary non négociable. « On ne peut pas faire du marchandage. Mais si vous me prenez mes trois sacs de charbon disponibles, l’un d’eux vous est remis à 20 000 Ariary », selon un autre vendeur de charbon à Namontana.

Prudence

Plusieurs foyers à Anta­na­narivo consomment du charbon, à raison d’un sac par mois pour une famille ordinaire comptant juste les parents et les enfants. Le prix du sac de charbon est resté stable depuis le début de l’année. « Chaque jour, les gens viennent acheter du charbon en vrac cette semaine. Mais tout d’un coup un besoin de quantités en sac s’est manifesté. Ce qui a rapidement épuisé les stocks. Des gens viennent d’un peu partout avec ou sans véhicules pour acheter des sacs de charbon. Ils sont nombreux et certains ne trouvent plus du charbon dans leurs quartiers et viennent ici », affirme un homme qui loue un espace en bord de rue à des revendeurs de charbon. « Les gens préfèrent la prudence et s’approvisionnent en charbon même si les autorités affirment l’existence de stocks suffisants de gaz », affirme une mère de famille en face d’un vendeur de charbon à Antanimena. Le bois de chauffe ne connaît pas de hausse de prix car ce sont les restrictions de la circulation qui compliquent le trajet des transporteurs des commandes. « Il n’y a pas de pénurie, c’est juste l’existence de haltes systématiques rapportées par les conducteurs joints au téléphone qui font hésiter les fournisseurs. Ces derniers craignent une réquisition et une mise en fourrière des véhicules et restent là-bas d’où ils sont. C’est cette crainte d’être fouillé et soumis à des exigences administratives qui démotive les transporteurs de charbon », affirme un intermédiaire dans le commerce du charbon.