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Nosy Be – Traque d’un cerveau du trafic de clandestins

Sur les traces d’un trafiquant de clandestins. Soupçonné d’être à la tête d’un réseau d’ exportation de personnes vers Mayotte, un ressortissant malgache résidant à Nosy Be, est activement recherché par la compagnie territoriale de la gendarmerie nationale. Ayant depuis longtemps suscité les soupçons, le quidam s’est attiré la foudre de la gendarmerie en envoyant en terre mahoraise quatre enfants non accompagnés. L’exportation de clandestins a été mise à nu lorsque l’une de ses embarcations a échoué sur l’île de Mitsiho, à Nosy Be Helville le 12 mars, suite à une avarie du moteur. Dix sept personnes étaient de cette aventure, dont deux skippeurs et onze passagers et les quatre enfants non accompagnés, âgés de trois à sept ans. À l’arrivée à Mayotte, des personnes sur place devaient récupérer trois des enfants. Le quatrième, lequel est un petit garçon aurait été un «colis» qui devait être expédié, et dont le destinataire n’était pas connu.
Le pot-aux-roses a été découvert lorsque l’embarcation a touché les côtes de Mitsiho après avoir été emportée à la guise du vent et du courant marin pendant quatre jours. Mis au parfum que des immigrés clandestins s’y retrouvaient coincés, le commandant de la compagnie territoriale d’Ambilobe a donné consigne au chef fokontany et aux membres du comité de vigilance de faire le nécessaire pour que l’embarcation et ses passagers ne puissent pas reprendre la mer.

Complicité parentale
De par le concours d’une tierce personne qui leur a fourni une vedette rapide, les gendarmes ont réussi à atteindre l’endroit où les naufragés se sont retrouvés immobilisés. Privés d’eau et de nourriture, ces derniers frôlaient la fatigue générale lorsque les gendarmes les ont retrouvés. Conduits à l’hôpital d’Ambi­lobe où ils ont reçu les premiers soins, les personnes ayant embarqué dans ce périple ont été ensuite remises à la gendarmerie de l’île au parfum pour ouverture d’enquête.
Il s’est alors avéré que les deux skippers opéraient dans le sillage du commanditaire en cavale. Les téléphones des immigrés clandestins qui ont tenté le périple ont été en revanche confisqués. N’ayant sur eux aucun document de voyage, ces derniers sont poursuivis pour immigration clandestine. Le cas des quatre enfants non accompagné est en revanche ahurissant. Les premières versions de la gendarmerie révèlent que l’inquiétude a rongé les parents de ces enfants lorsque l’embarcation n’a toujours pas atteint Mayotte quelques jours après le départ. Face à ce silence radio, ils ont signalé aux gendarmes de prétendus rapts d’enfants. Une fois l’embarcation retrouvée, il s’est avéré que les parents en question ont envoyé leurs enfants de plein gré, puis ont alerté les autorités lorsque la traversée a mal tourné. Ils sont également incriminés dans cette affaire. En raison de la grève de l’administration pénitentiaire, le passage au parquet des clandestins interceptés et des deux passeurs s’est vu reporté. Celui qui tire les ficelles aurait déjà pour sa part déserté Nosy Be.

Andry Manase