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Mahajanga – Le grand port de l’Ouest s’embourbe

Faute de fonds pour assurer le dragage de l’embouchure de la Betsiboka, le port le plus important de l’Ouest est condamné à végéter.

L’ancien chef de la région Boeny, Jaffar Saïd, aujourd’hui nommé Directeur général de l’INDLL, au sein du ministère de l’Intérieur et de la décentralisation à Antananarivo, livre ses impressions sur la situation du port de Mahajanga.

« Aujourd’hui, le port semble condamné à végéter, car les opérations de dragage sont bien trop onéreuses pour être réalisées. Seules les boutres et les goélettes semblent pouvoir s’en accommoder. Mais, en dépit de mauvaises conditions géotechniques dues à la présence de vase non consolidé, le ministère des Transports envisage de développer le port, car c’est le plus important du Nord du pays et il intéresse l’ensemble du cabotage de la côte Ouest.

D’ailleurs, ces bâtiments qui semblent sortir tout droit d’une autre époque, sont encore aujourd’hui largement utilisés sur l’ensemble de la côte Ouest de Madagascar », explique le DG de l’INDLL.

Le port de Mahajanga est situé dans la baie de Bombetoka, débouché maritime du fleuve Betsiboka. Les éléments hydro-sédimen-taires y sont essentiels, car la Betsiboka est le site d’un important transport de matériaux. Ces alluvions se sont tout d’abord déposées en majeure partie en aval, dans la baie de Bombetoka, puis au fur et à mesure du comblement, dans le reste de la baie.

Les alluvions ont franchi le détroit de Mahajanga pour se déposer immédiatement aux abords du port et dans la zone des chenaux. D’après le Centre National de Recherches sur l’Environnement, le volume estimé est supérieur à 5 millions de m3/an. Le port était donc constamment menacé d’envasement.

Après de longues études, l’administration a adopté une implantation du port au nord d’Anorombato, afin d’utiliser une fosse naturelle qui se trouvait là. À l’origine, les travaux comportaient la construction d’une digue, d’un môle, d’un quai et d’un terre-plein de batelage. Mais la Betsiboka a continué à déverser ses alluvions dans la baie et a limité considérablement le développement.

L’entrée dans la baie de Bombetoka se fait par deux chenaux naturels, celui du Nord-Ouest et celui du Nord-Est, qui encadrent le banc de Narcissus de 11 km de diamètre environ, situé au milieu de l’embouchure et qui est couvert de 4 mètres d’eau en moyenne. Le tirant d’eau devant les quais existants est de l’ordre d’un mètre, ce qui fait que les caboteurs n’accostent qu’à marée haute.