La RN2 ouverte aux poids lourds - La psychose de pénurie se dissipe


Après la pose d’un pont bailey, la Route nationale numéro 2 est à nouveau ouverte à la circulation des poids lourds. Le transport et l’approvisionnement en marchandise peuvent reprendre. L’artère économique du pays. C’est le qualificatif utilisé par Andry Rajoelina, président de la République, pour désigner la Route nationale numéro 2 (RN2). La RN2 dont il a assisté à la réouverture de la circulation aux poids lourds, hier. Cette réouverture devrait, d’autant plus, mettre un terme à la psychose de pénurie qui plane depuis le début de la semaine. Comme un top départ, l’annonce de la rupture de la circulation sur la RN2, à cause de l’effondrement d’un tronçon suite aux intempéries, dimanche, a mis en ordre de bataille les spéculateurs. Instantanément, les prix de certains produits sur le marché ont été révisés à la hausse. De crainte d’une pénurie, des automobilistes se sont rués vers les stations services pour faire le plein. Le matraquage de l’information selon laquelle les réserves en carburant suffiront pour vingt jours n’a pas eu d’effet. À cause d’une frénésie d’achat soudaine, les bonbonnes de gaz domestique ont rapidement été épuisées. Devenu un produit de première nécessité (PPN), même le prix des masques a augmenté du jour au lendemain. « Une rupture de la circulation sur la RN2 peut avoir des conséquences incommensurables, plus importante encore que la question économique », reconnaît le chef de l’État. Il a soulevé l’exemple des doses de délestage qui ont sensiblement été renforcées dans la capitale et ses environs, faute d’approvisionnement en fuel des centrales thermiques de production d’électricité. Selon la Jirama, les camions citernes transportant le fuel ont été bloqués en amont de la RN2. Le président de la Répu­blique souligne que 95% des marchandises importées et nécessaires au pays sont débarqués au port de Toamasina, acheminés d’abord par la RN2, avant de rejoindre différentes destinations dans le territoire national. Outre la dimension économique, assurer la circulation sur cet axe revêt des enjeux sur la paix sociale et politique. [caption id="attachment_129905" align="aligncenter" width="1024"] Le président de la République a dirigé la réouverture de la RN2 hier à Moramanga.[/caption] Redonner du souffle Déjà que le délestage quotidien suite à l’incendie de la centrale hydraulique d’Andekaleka fait mal aux ménages de la capitale et ses environs. La double, voir triple dose de trois à quatre heures de coupures, chaque jour est insupportable. Après 48 heures de travaux sans interruption, un pont bailey de 25 mètres, pouvant supporter une charge de 45 tonnes a été installé sur le tronçon de la RN2 qui s’est écroulé. Il se trouve juste à la sortie de Moramanga, si l’on va en direction d’Antana­narivo. L’installation de ce pont provisoire est le feu vert qui permet aux poids lourds de reprendre la route. Ils ont été près d’une trentaine, de visu, à prendre leur mal en patience sur le bas côté de la RN2 qui traverse la ville de Moramanga, depuis dimanche, en attendant que la route soit à nouveau ouverte. Dans la file d’attente des camions et semi-remorques, se trouvent des transporteurs de marchandise, notamment, des produits de pre­mière nécessité et autres produits du quotidien, ainsi que des camions citernes remplis de carburant pour certains et de gaz domestique pour d’autres. Les camions devant acheminer du fuel pour appro­visionner les centrales thermiques de la Jirama ont, aussi, fait partie de la liste. En attendant une solution sur le long terme, « il fallait urgemment trouver une solution pour la reprise de la circulation sur la RN2 afin de redonner du souffle à l’économie, pour que les marchandises nécessaires au quotidien de la population puissent arriver à destination et ainsi, afin que la vie des gens revienne petit à petit à la normale », déclare Andry Rajoelina. En le qualifiant de principale artère économique du pays, le chef de l’État a mis l’accent sur le caractère stratégique de la RN2. Le chef de l’État n’a pas caché son soulagement quant à la réouverture rapide de cet axe à la circulation des poids lourds. Comme un symbole, ce sont deux camions citernes qui ont été les premiers à traverser le pont bailey nouvellement installé, sous les yeux du président de la République, de Christian Ntsay, Premier ministre, et autres membres du gouvernement qui y ont fait le déplacement, hier. Après ce ouf de soulagement, d’aucuns s’attendent à ce que les affres du délestage soient allégés. Avec la reprise de la circulation des poids lourds sur la RN2, l’approvisionnement des marchés va, également, s’accélérer. À titre d’exemple, 25 000 tonnes de riz à bas prix ou Vary mora, en stand-by au port de Toama­sina n’attendent plus que d’être embarquées à bord des camions pour être dispatchées dans les différentes régions du pays. Pareillement pour les tonnes de ciment à bas prix. Après les inquiétudes suite aux dégâts causés par les intempéries, le marché peut donc reprendre son souffle.
Plus récente Plus ancienne