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Editorial

Can…asson

La révolte des sans grade. C’est le moins que l’on puisse dire à la phase finale de la Coupe d’Afrique de football au Cameroun. L’exploit des Barea a la CAN 2019 fait visiblement des émules. À commencer par les Comores qualifiés pour les huitièmes de finale en se payant le scalp du Ghana, un des géants du continent. Et il a fallu les tests douteux de Covid-19 qui sacrifient six joueurs comoriens dont les deux gardiens pour qu’ils arrêtent leur parcours face au Cameroun, pays hôte. Mais réduits à dix dès la sixième minute et jouant avec un gardien de fortune, les Coelacanthes ont tenu tête aux Lions Indomptables se payant le luxe un but somptueux. La CAF a changé au passage le règlement la veille du match interdisant au gardien comorien de jouer alors qu’il était testé négatif. Un coup bas comme il y en a eu dans cette CAN. Le Cap Vert a été réduit à neuf face au Sénégal après l’expulsion de son gardien suite à un choc avec Sadio Mane.

Mais les petites mesquineries n’empêchent pas les surprises. C’est le cas de l’exploit de la Guinée Équatoriale qui a éliminé hier l’un des favoris au titre en l’occurrence le Mali.

Avec la Gambie, petit pays enclavé au Sénégal, qualifié pour les quarts de finale pour sa première participation, on assistera à un tableau où il y a autant de canasson que de favoris. Dès le départ, cette CAN aura vu la plus grande participation de pays jugés petits. Il est vrai que la Gambie, le Malawi, le Cap Vert, la Guinée Équatoriale, la Guinée Bissau, la Mauritanie, la Sierra Leone et les Comores sont des novices à ce niveau. Mais ils ont montré sur le terrain qu’être petit n’est qu’un jugement. Le Ghana, le Mali, l’Algérie, le Gabon, le Nigeria l’ont appris à leurs dépens.

Sans les coups d’estoc de la CAF, les Comores auraient certainement éliminé le Cameroun. Un crime de lèse majesté que la CAF s’est empressée d’anticiper.

La carte d’Afrique en matière de football est ainsi en train de changer fondamentalement. Les Barea figurent parmi les précurseurs de ce changement. Après l’échec de l’édition en cours, les Barea s’aligneront pour l’édition 2023 pour faire les frissons de la CAN que l’on vit à travers les frères comoriens.

Eh oui, avant le massacre des Comoriens par les Betsirebaka à Mahajanga en 1975, beaucoup de joueurs comoriens évoluaient dans des équipes malgaches à l’image de Saïd Achimo, redoutable attaquant de Fortior Club de la Cote Ouest Mahajanga, Achirag et Oussouf défenseurs du même club. Il est donc tout à fait déplacé de mésestimer les Comoriens dont le PIB est nettement supérieur au notre.

Une race a disparu dans le foot africain. Celle des faire valoir.

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