De Toliara proviennent la plupart des étoiles du Sport qui ont brillé sur la scène nationale et internationale. La situation actuelle pourtant est toute autre avec la difficile ascension de la relève. Une nouvelle politique d’orientation et de gestion s’impose. FADE. Le sport n’est plus ce qu’ il était d’antan. Toliara ne vibre plus assez comme du temps de l’élévation de l’équipe de maitre Kira ni de l’ASCO (Association Sacré Cœur Omnisport). Les années fin 70 et 80 ont été marquées par les Bruno Ravalitera, Michel Kira, dont le nom a été attribué au stade de Toliara, le stade «Maitre Kira», Jean Claude Randrianaina, une icône de l’AsFortior, du club M, qui ont rayonné et ont rendu Toliara aussi célèbre sur le plan sportif. Plus tard, des sportifs de l’ASCO, de l’AS COMATO, du FC Fobar, notamment étaient au-devant de la scène avec les disciplines handball et football. D’autres jeunes sont montés petit à petit et les arts martiaux ont également fait reconnaître la potentialité de la province de Toliara. Si on se tient à la liste officielle des champions de Madagascar en football, depuis 1995, avec le sacre du FC Fobar, champion de Madagascar, les équipes de football de Toliara ne figurent plus dans la liste, jusqu’en 2018. Une timide reprise revient mais sur d’autres disciplines. Il y a entre autres le jeune champion du monde en kickboxing en 2014, un jeune venant de Toliara, Justin Zafy, à l’époque, n’avait même pas 20 ans. Des moins jeunes comme Severin Mamonjisoa ont été sacrés champions du monde, toujours en kickboxing.
INTERVIEW - Jean Claude Randrianaina, gardien de but, ancienne équipe nationale de football, habitant actuellement à La Réunion.
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Jean Claude Randrianaina, ancien gardien de but de club M, As Fortior.[/caption]
«Le sport a besoin de sponsor, autrement, il n’avancerait pas. Mais les sponsors n’aident pas avant de voir des résultats alors que ces résultats ne peuvent pas être atteints sans moyens. Et c’est donc un cercle vicieux. Ayant créé le club COSTM, nous vivons constamment ce manque de moyens pour nos joueurs. Mais, à partir de cette année, nous avons décidé de sponsoriser nous mêmes notre club et une dynamique sera constatée d’ici peu, vous verrez.»
Peu d’infrastructures
En cette année 2021, il n’y a qu’un seul grand terrain d’entraînement dans la ville de Toliara, le terrain de la Jirama, utilisée par l’École de foot. Une structure mise en place en 2019 par la direction régionale du Sport Atsimo-Andrefana, pour constituer une pépinière de footballeurs. C’est le seul terrain pour entraîner toutes les catégories d’âge des jeunes footballeurs. Allant des U10 aux U20. Le stade d’Andaboly, renommé « stade maître Kira » en 1997 est prévu accueillir ces entraînements bihebdomadaires, mais est depuis la fin de l’année 2020, en réhabilitation. Le terrain de la Jirama n’est pas un terrain aux normes, un terrain vague poussiéreux, servant aussi de dépôt de matériel et d’équipements de la Jirama Toliara. [caption id="attachment_117530" align="aligncenter" width="753"]
Le stade de la Jirama, utilisé pour les entraînements de l'École de foot n'est pas aux normes.[/caption]
Pour les autres disciplines, des terrains sont accessibles. « Des terrains mixtes d’entraînement existent toutefois dans quelques fokontany. Le handball par exemple est très prisé dans les quartiers de Tsimenatse, Besakoa, Antaninarenina ou Tanambao Morafeno. Les sportifs peuvent utiliser le gymnase couvert, le terrain de l’École normale ou celui de l’ASCO à Tsianaloka. Mais ils ne peuvent que pratiquer le foot à 7 sur ces terrains mixtes » explique Franklin Andriamanarivo, directeur régional de la Jeunesse et des sports pour Atsimo Andrefana. Ces entraînements au niveau des fokontany sont assurés par d’anciens sportifs.
Éveil
Pour le handball en l’occurrence, des entraîneurs qualifiés tels que Balbine Colin ou les Zakaria aident bénévolement les jeunes handballeurs. Des tournois sont même organisés périodiquement.
Finances
La discipline Judo quant à elle, souffre financièrement. « L’équipe nationale de Judo est composée de judoka de Toliara. Nous avons besoin d’organiser tous les deux mois des compétitions. Mais les Judoka ou plutôt leurs parents n’ont pas assez de moyens financiers pour y participer » explique maitre Biny Ramazana, ceinture noire deuxième dan. « Il existe trois clubs de judo à Toliara mais j’ai mis en place des compétitions inter-fokontany sans considération de club. Mais j’ai été vite happé par le manque de moyens vu que même les tatamis sont à louer, les vainqueurs ont besoin de motivation. J’ai dû alors suspendre. On a opté pour des challenges à chaque événement, Pâques, Noël, 26 juin etc… » ajoute l’entraîneur judoka.
Maître Kira se prononce
Pour Michel Kira, dit Maître Kira, icône du football malgache dans les années 70 et 80, ayant évolué à Toliara, le sport est « victime de mauvaise politique ». Ayant fait partie de l’équipe nationale pendant 17 ans, et unique avec sa capacité de jouer avec ses deux pieds, à la fois droitier et gaucher, l’ancien footballeur de 71 ans, n’a pas mâché ses mots. « Je ne fais pas de la politique mais seule une bonne politique peut sauver le Sport à Toliara notamment » dit-il. « Savez-vous que je n’ai pas été consulté pour ce projet de réhabilitation du stade d’Andaboly qui porte mon nom depuis 1997 ? » continue-t-il. Une manière de dire que ces petites et grandes choses doivent être bien étudiées. IL dit avoir cultivé des graines pour les planter dans plusieurs parties du stade. Le terrain est fait par du gazon en provenance d’Afrique du Sud, résistant au climat chaud de Toliara. Mais qui serait amené à disparaître avec la réhabilitation menée actuellement, qui mettra à la place du gazon « manara-penitra ». [caption id="attachment_117531" align="aligncenter" width="533"]
Le stade Maître Kira en réhabilitation.[/caption]
Maître Kira parle aussi de la politique qui devra motiver les sportifs à avoir du niveau. « À notre époque, nous n’avions pas d’entraîneur mais on s’entraîne entre nous. On se donne notre propre stratégie pour que notre équipe réussisse » témoigne-t-il. Une indépendance et une responsabilité à inculquer aux sportifs. Ces derniers devraient aussi se cultiver mieux en matière de sports, à approfondir des disciplines, les règlements, les réussites, les défaites, à connaître des étoiles du sport, malgaches et étrangers. « On me demande encore qui suis-je lorsque je mets les pieds au stade qui porte mon nom, je dois parfois acheter un billet pour voir des matchs, mais ce n’est pas grave» rie-t-il gaiement. Peu de jeunes le connaissent et reconnaissent l’ancien footballeur de l’équipe du corps enseignant de Toliara, trois fois championne de Madagascar.
Optimisme
Francklin Andriamanarivo, actuel directeur régional de la Jeunesse et des sports pour Atsimo Andrefana, affiche un optimisme. « Plusieurs disciplines sont en bonne santé, le foot, le basket, le handball, le rugby et le sport individuel comme l’athlétisme et les arts martiaux comme le judo. Elles sont en bonne santé car la relève est assurée. Des tournois sont organisés périodiquement par des anciens ou des associations de jeunes ou d’autres organisateurs » argue-t-il. [caption id="attachment_117532" align="aligncenter" width="315"]
Francklin Andriamanarivo, directeur régional de la Jeunesse et des sports Atsimo Andrefana.[/caption]
Politique de relève
L’École de foot a pour objectif de détecter de bons éléments et de constituer des équipes fortes. La motivation des petits et des jeunes est très remarquée. Le terrain est toujours plein le mercredi et le samedi. Le coach principal est une femme sortante de l’Académie nationale des Sports (ANS), Isabelle Razaiarisoa, l’assistante est aussi une femme, Estella Arisony, une athlète. Le club entend mettre en place un staff technique en bonne et due forme pour chaque catégorie. « Ce qui n’a jamais existé à Toliara » souligne le directeur. Le sport à Toliara fera l’objet de recherche pour ajuster les marches à suivre pour son développement. « Un centre régional de Sports-Études et Éducation physique de qualité sera incessamment mis en place pour l’Atsimo Andrefana. Le ministère entend favoriser toutes les disciplines qui attirent les jeunes sportifs. Et ce centre formera et mettra à sa disposition des disciplines des entraîneurs en condition physique, des responsables de la santé et de la psychologie. Un club de football par exemple sera doté d’un staff technique composé au minimum de coach principal, de coach gardien de but » détaille l’interlocuteur. Chaque joueur sera assisté individuellement. Le processus est encore en quête de collaboration de médecins, de kinésithérapeutes, de divers spécialistes et surtout d’appuis financiers pour démarrer le projet et pour assurer des formations et des partages d’expériences. Centre régional de Sports-Études et éducation physique de qualité : - Mise en place de comité par district - Recherche et mise en place de normes à suivre pour chaque discipline : entraînement, équilibre entre études, sport et vie quotidienne. - Apprentissage de langues étrangères - Culture du sport de haut niveau et de qualité [caption id="attachment_117533" align="aligncenter" width="572"]
Les coachs féminins de l'École de foot, (de g.à d.) Estella Arisony et Isabelle Razaiarisoa.[/caption]
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Les futurs footballeurs de l'École de foot.[/caption]
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Les clubs ont besoin d'appui en matériel pour obtenir du résultat.[/caption]
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Vincentine Hoazy, rugby woman de Toliara, a déjà foulé le sol français grâce au rugby.[/caption]
Projets :
Une piscine olympique de compétition est prévue et sera installée au Jardin de la mer. Alors que Toliara ne possède pas de piscine communale avec les températures qui ne descendent jamais à moins de 30 degré. Un autre gymnase avec 4000 places est indiqué en construction actuellement. Ces nouvelles infrastructures figurent parmi les projets présidentiels. [caption id="attachment_117537" align="aligncenter" width="443"]
La future piscine olympique, encore dans les marécages, est indiquée en chantier.[/caption]
Des jeunes sportifs motivés
Une formation sur l’entrepreneuriat sportif a été organisée à Toliara du 28 au 31 décembre 2020. Un projet qui incite des jeunes sportifs de 15 à 24 ans à vivre du sport, initié par la Maison du Sport de Madagascar. « Le sport n’est pas seulement de l’entrainement physique, il permet de façonner l’esprit. Mais de l’intérêt financier peut être tiré du sport et c’est ce que nous leur avons partagé durant ces quatre jours » explique Anny Andrianaivonirina, présidente de la Maison du Sport de Madagascar, journaliste et ancienne judoka. Cinquante-quatre jeunes sportifs venant des districts de la région Atsimo Andrefana y ont participé. Cinquante-quatre projets sportifs en sont issus tels que la mise en place d’une infrastructure de foot en salle, la création d’une société de fabrication de jus, un club de sport pour les petits enfants ou un club de foot pour les jeunes d’Ankazoabo. D’anciens sportifs sont venus partager leurs expériences. [caption id="attachment_117538" align="aligncenter" width="289"]
Anny Andrianaivonirina, présidente de la Maison du sport, délivrant un certificat à un entrepreneur sportif.[/caption]