Affaire de kidnapping - Le CFOIM interpelle les autorités


Après l’enlèvement de deux jeunes en une semaine, le CFOIM exprime encore son indignation. Le collectif estime que le fléau touche toute la nation malgache. Le Collectif des Français d’Origine Indienne (CFOIM), affirme solennellement sa solidarité, aux familles victimes, et déplore une fois de plus, ces actes de barbarie qu’il qualifie d'ignoble. Ceux qui imaginaient que ce fléau était réservé à une communauté doivent comprendre qu'aujourd'hui, l'insécurité concerne tout le monde et doit être l'affaire de toute la nation malgache dans sa richesse et sa diversité. Par le biais de ce communiqué transmis à la presse, le CFOIM a tenu à montrer sa solidarité aux familles qui viennent de subir des actes de kidnapping, la semaine dernière. Le 20 décembre dernier en effet, selon les précisions de la police, quatre individus lourdement armés se sont emparés à Andrano­bevava de John Raza, un jeune français d’origine indienne. Le 22 décembre, la même scène s’est renouvelée à Ankorondrano cette fois-ci, et l’acte de kidnapping a été perpétré par cinq individus sur le jeune Nathan, âgé de quatorze ans et membre d’une grande famille malga­che. Si l’adolescent a été libéré la veille de Noël, les recherches continuent pour John Raza « dont on n’a pas de nouvelles jusqu’à ce jour », indique également le CFOIM qui « espère un dénouement rapide et heureux, afin qu’il soit libéré et retrouve rapidement les siens ». Traumatisme La déclaration du collectif sous-entend la dénonciation d’une situation qui semble ne trouver aucune solution jusqu’à présent, même si une volonté des autorités au plus haut niveau d’en finir avec ce fléau, avec la mise en place d’une cellule mixte, a été saluée. « Les familles commencent à être rassurées », a indiqué récemment à la presse Jean Michel Frachet, directeur exécutif et porte-parole du CFOIM. « Mais je peux vous affirmer que la douleur de celles qui vivent ce genre de situation est immense. Le traumatisme est réel », a-t-il tenu à préciser. Si un début de confiance commence à s’installer, Jean Michel Frachet reconnaît, cependant, que « cela va prendre du temps. » Car il y a également chez les membres de la communauté indienne résidant à Madagascar le sentiment d’être incompris. « Ils sont, pour la plupart d’entre eux, à Madagascar depuis quatre générations. Pour eux, c’est leur pays. Mais ils se sentent parfois mal aimés », explique-t-il. Depuis 2010, « on évoque une centaine de kidnappings », indique Jean Michel Frachet qui reconnaît que les statistiques, dans ce domaine, n’ont pas encore été bien établies. Le nombre des membres de la communauté de personnes d’origine indienne se situerait entre quinze et vingt mille. Mais il est, par contre, certain des risques économiques que cet état de fait peut entraîner. « Les déplacements de capitaux sont à craindre ». Le CFOIM, qui se veut laïc et apolitique compte peser dans la balance dans cette lutte contre le phénomène de kidnapping à Madagascar. En établissant, si cela n’a été encore fait, une relation de confiance entre les différentes parties. Il reconnaît que la tâche n’est pas aisée au vu des enjeux car, comme l’affirme Jean Michel Frachet, « il y a de l’humain, de l’émotion, de l’argent ». Rondro Ramamonjisoa
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