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Produits halieutiques – Les preneurs se font désirer

Pêche ne trouve pas preneurs.

L’offre est bien supérieure à la demande, à entendre les femmes de la Pêche réunies au sein du Réseau national des femmes de la Pêche de Madagascar (RENAFEP-Mada).

Surproduction. « Nous pêchons du trident, des thons, rougets, cabots, capitaines et du merlan et même des langoustes mais nous avons du mal à les écouler sur d’autres marchés que ceux de Manan­jary » raconte Christène Hanitriniaina de l’association Miray, une association regroupant trente-cinq femmes de pêcheurs, sise à Mananjary, dans la région Vatovavy. « Nous sommes également confrontées à l’insuffisance de matériel car nous ne possédons qu’un congélateur d’une capacité de 200 kg. Bien que des produits de la pêche littorale et continentale ramenés par nos maris affluent, ils ne trouvent pas toujours preneurs et, soit sont vendus à prix dérisoire, soit pourrissent sur place» poursuit-elle.

L’association travaille avec des collecteurs qui envoient leurs produits à Fianarantsoa, se trouvant à quatre heures de route de Mananjary, mais les poissonneries ne prennent pas plus de 100 kg, tous produits confondus. Solange Marovavy, quant à elle, explique que son association « Mitady Fivoarana » à Ambohimahasoa, dans la région Haute Matsiatra, est en possession de près d’un million d’alevins par an. « Notre association regroupe des femmes vulnérables choisies dans des fokontany d’Ambohimahasoa. Nous élevons des alevins de tilapias, de carpes royales et d’écailleuses, une espèce obtenue de la combinaison du tilapia et de la carpe. Seulement, nous faisons encore appel à des collecteurs » demande-t-elle.

Autonomisation

Les deux associations ont rejoint le Réseau national des femmes de la pêche de Madagascar (RENAFEPMada) afin de trouver de meilleurs débouchés pour leurs produits. Mis en place il y a deux ans et ayant gagné en notoriété nationale avec ses quatre-vingt-six associations de près de trois mille femmes de la pêche et de l’aquaculture, le réseau tient son assemblée générale à Toliara. « L’assemblée a pour objectifs de motiver les femmes de la pêche de tout le pays pour les rendre plus efficaces au sein de chacune de leurs associations. Elles rapportent en effet leurs problèmes et leurs défis au quotidien, mais elles sont incitées à se responsabiliser et à ne pas baisser les bras » explique Virginie Gorette, présidente du RENAFEP -Mada.

Le Réseau rassemble des associations et coopératives de femmes pêcheurs, de femmes de pêcheurs, de mareyeuses, de collectrices et de transformatrices de produits. Elles sont présentes dans douze régions telles que Diana, Atsimo Andre- fana, Fitovinany, Analamanga, Haute Matsiatra, Menabe, Boeny, Androy, Anosy. Ces femmes font face à un manque de matériel de pêche, de chambres froides et à une insuffisance de fonds de roulement.

Le Fonds de développement agricole (FDA) entre autres leur a été présenté comme un soutien matériel à leurs activités. Des sociétés de pêche sont poussées à investir dans d’autres zones à forte production halieutique. Un projet de coopération de la valorisation de la recherche pour la gestion de la pêche de crabes de mangroves (Corecrabe) avec l’Union européenne implique également le RENAFEPMada.

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